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Travailler à plusieurs, oui ou non ?

Une cordée pour survivre…

 » – Personne n’atteint un sommet tout seul ! »

Le regard sérieux, mon guide de haute montagne nous interpella sur un ton grave. Il s’assit à la table où nous préparions nos sacs à dos et nous parla de tous les dangers de la randonnée que nous allions entreprendre. Crevasses, blocs de glace instables, bourrasques de vent : un glacier est un milieu hostile, un peu comme une année de préparation à un concours. Une fois là-haut, l’arme la plus efficace contre tous ces dangers est la cordée. Une cordée est une solide corde en nylon qui relie les randonneurs l’un à l’autre pendant toute l’ascension. Si l’un des membres de la cordée vient à être piégé par la montagne, sa cordée peut le secourir. Chacun est responsable du morceau de corde qui le relie aux autres : chacun est responsable de la cordée.

Ce n’est qu’à plusieurs que l’on peut atteindre un sommet.

La préparation à l’internat est un chemin difficile et hostile. Certes il n’y a pas de glace, pas de crevasses, le vent ne peut se cogner que contre les vitres épaisses de la bibliothèque. Mais, combien de moments de détresse ? De découragements face à un concours blancs ratés ? De pièges tendus de tous les côtés ?

C’est pour ces raisons que nous pensons qu’il est indispensable de créer sa cordée, son groupe d’ami indissociable, qui restera solidaire tout le long du parcours.

Travail d’équipe !

L’idéal est de trouver des personnes dans sa promo avec un peu près le même niveau et les mêmes objectifs et de former un groupe de deux, trois ou grand maximum quatre personnes. Ce groupe sera votre groupe de sous-khôlles.

Toutefois, si vous n’avez pas la chance de trouver des gens de votre promo qui répondent à ces critères, demandez à une ou deux personnes proches de vous de jouer ce rôle de « camarade de cordée » et de vous accompagner jusqu’à la fin du concours. Cela vous permettra de passer les moments les plus difficile de l’externat.

Et un groupe de sous-khôlle pour ?

C’est bon ? Vous avez trouvé un petit groupe d’amis avec qui travailler. Vous vous êtes engagé à vous soutenir jusqu’au bout… Mais que faire en pratique ?

La première chose à faire est de créer un groupe de discussion commun. Un lieu privé où l’on peut partager ses questions, ses doutes, ses ras-le-bol, ses selfies « craquage »…

Ensuite, si votre groupe de sous-khôlle est motivé pour aller plus loin que le simple soutien psychologique : il est intéressant de prévoir une soirée dans la semaine pour se réunir. Surtout en sixième année où la vie sociale se fait rare et le rythme est intense. Pendant une à deux heures, on peut alors profiter d’une ambiance détendue pour poser ses questions et s’interroger sur son cours. L’idéal et que chacun des membres de la sous-khôlle prépare un item pour interroger les autres dessus. On peut aussi présenter des questions que l’on a inventé ou que l’on a trouvé intéressante… Cette réunion peut alors devenir un moment privilégié d’entraide bienveillante dans la semaine.

Pour s’assurer que le groupe fonctionne bien et reste efficace, il est astucieux de nommer un « responsable » de la sous-khôlle chaque semaine. Tel le premier de cordée en randonnée, il doit donner le rythme et s’assurer que les conversations ne dérivent pas trop.
Même si travailler à plusieurs n’est souvent pas aussi efficace que de travailler seul ; un groupe de sous-khôlle permet d’avoir, une fois par semaine, une bouffée d’oxygène frais, vital.

Merci à tous les randonneurs qui nous suivent et nous envoient des messages de remerciements, cela nous fait chaud au coeur.

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Bon courage à tous pour ce mois de février.
Gabriel Hallali

Spéciale dédicace à ma cordée de D4 : Ivana, Pablo & Thalia.

Comment une pause café peut booster nos performances.

La fatigue me serre les épaules. Courbé sur mon bureau comme sur une table d’opération, j’essaye de disséquer les pages de mon livre. Je tente malgré la fatigue d’’extraire le sens des mots qui défilent devant mes yeux. Il n’est que 17h mais tout se mélange dans ma tête. Il semble que mes tentatives pour me concentrer sont vaines. La petite pause-café que je me suis accordé n’a servi à rien. Tout le monde autour de moi est concentré et puis de toute façon personne ne peut m’aider à réviser mon cours. Je le sais, je suis seul face à moi-même : si je n’arrive pas à respecter mon programme de révision aujourd’hui, je le regretterai.

Il me vient alors cette question : n’y a-t-il pas un moyen de rester concentrer une après-midi entière ? Comment fait-on pour rester efficace dans son travail ? Peut-on faire en sorte que notre cerveau reste attentif et prêt à emmagasiner de nouvelles connaissances tout au long de la journée ?

Cette question, je suis loin d’être le premier à me la poser; depuis les années 2000, les neuro-scientifiques s’interrogent régulièrement sur le sujet. D’ailleurs un des résultats de leurs recherches m’a interpellé : une méta-analyse des données de plusieurs expériences, publiée par des chercheurs de l’université des neurosciences de New-York montrait qu’une activité sportive même brève permettait d’augmenter la concentration et de diminuer le stress. J’ai donc décidé de tester sur moi-même cette conclusion.

Ainsi naquit la “pause-manège”.

D’abord seul, puis rejoint par mon groupe d’amis, nous avons modifié radicalement notre façon de prendre nos pauses : au lieu de rester à discuter devant la BU notre café à la main, nous faisions le tour du bâtiment de la fac. Une fois, deux fois, dix fois de suite… en marchant ou parfois en courant. À notre retour, après cette courte activité physique, nous étions tous d’accord pour dire que les résultats de l’étude n’étaient pas que théorique : nous avions la sensation d’avoir fait une pause bénéfique pour notre cerveau et que notre travail était plus efficace par la suite. La fatigue se dissipait, c’est avec un poids en moins que nous retournions à notre table de travail.

Il me tenait donc à cœur de partager cette astuce avec vous :

profitez de vos pauses pour bouger.

Lorsque vous sentez une baisse de régime, que votre travail semble moins efficace, n’attendez pas ! Marchez, trotinez, faites le tour de votre pâté de maison : cela vous aidera à vous reconcentrer, diminuera votre stress voir, améliorera votre mémoire :

Les sujets testés sur la mémorisation d’une liste de mots avaient de meilleurs performances après un exercice physique d’une durée de 15 minutes (voire figure en Illustration)

Et vous ? Que faites vous durant vos pauses ? N’hésitez pas à commenter cette article ou à défiez vos amis…

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Et Voici la source de l’étude scientifique qui nous a permis de développer cette méthode : 
Basso, J. C., & Suzuki, W. A. (2017). The Effects of Acute Exercise on Mood, Cognition, Neurophysiology, and Neurochemical Pathways: A Review. Brain plasticity (Amsterdam, Netherlands), 2(2), 127-152. doi:10.3233/BPL-160040

Courage, ne lâchez rien !

Gabriel Hallali

Comment continuer à travailler sans motivation ?

Lors de l’ascension de mon premier glacier, après les cinq premières heures de marche et sept cent mètres de dénivelé, je me suis assis sur le bord du chemin. Les pieds abîmés par mes chaussures trop neuve, toute ma motivation s’est envolée à la vue de mes ampoules. Le sommet me paraissait inatteignable et je me demandais comment j’avais pu me retrouver dans une telle situation !

Lors de la préparation d’un concours, nous traversons tous des moments comparables. Une sensation d’épuisement nous envahit et on se met à remettre en question nos objectifs et notre orientation. Il existe un moyen de lutter efficacement contre ces sentiments délétères : les contrats d’Ulysse.

Ulysse lors de son odyssée bien connue s’était mis en tête d’écouter le champ des sirènes. Ce chant si beau que quiconque l’écoute ne peut s’empêcher de rejoindre ces sirènes si douce et si belle et ainsi se faire tuer sournoisement par celle-ci. Ulysse demanda à ses matelots, dont il boucha soigneusement les oreilles, de l’attacher au mât et de l’empêcher d’abandonner le navire quoi qu’il arrive et quoi qu’il dise.

De même, juste avant ma randonnée, mon guide avait pris soin de m’enregistrer. Lorsque je me suis retrouvé assis là sur le bord du chemin, il me montra la vidéo : souriant et déterminé, je pointais du doigt le sommet affirmant que rien ne pourrait m’empêcher d’y arriver. Revoyant cette vidéo, j’ai oublié mes ampoules et je suis reparti malgré la douleur et le découragement. Lorsque l’on s’est engagé à faire quelque chose et que quelqu’un de confiance nous rappelle notre engagement, on se sent responsable et on cherche à l’accomplir coûte que coûte.

D’où notre conseil ce soir : faites vous un “contrat d’Ulysse”.

Mettez par écrit votre objectif et engagez vous à tout donner quoi qu’il arrive pour le respecter.

Ensuite confier le lieu à votre meilleur(e) ami(e) (ou votre mère ça marche aussi…) et demandez lui de vous le ressortir le jour où vous avez envie de tout abandonner. Redécouvrir votre engagement, relire ce texte où vous avez décrit le médecin que vous rêvez depuis toujours de devenir vous redonnera sûrement les forces nécessaires pour donner le meilleur de vous même.

Ne lâchez rien ! La suite vaut vraiment le coup…

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Gabriel Hallali

Comment dormir plus permet de mémoriser plus ?

Entre Scylla le monstre aux 6 têtes et les tourbillons de Charybdis

L’horloge de mon bureau marque 23h00. Aujourd’hui, je n’ai pas fini mon programme. Un coup d’œil sur la liste des chapitres que je devais réviser me donne la nausée : je n’ai même pas respecté la moitié de mes objectifs du jour. Dois-je lutter contre le sommeil ? Ou au contraire, dois-je plonger sous mes couvertures et profiter pleinement de ma nuit ? Ne vais-je pas perdre du temps ? Ne serait-ce pas plus raisonnable de sacrifier quelques heures de sommeil pour rattraper mon retard ?

Ces questions, on se les pose tous : pendant les révisions, à l’approche des partiels, la semaine avant les épreuves de l’internat… La réponse la plus « sensée » lorsque le retard s’accumule est de reporter l’heure douce où l’on rejoint son matelas pour travailler plus. Cela apaise son stress et « déculpabilise”. Pourtant, j’ai décidé de faire confiance à plusieurs études scientifiques sur le sommeil et la mémoire et de toujours privilégier un sommeil régulier et assez long par rapport à une ou deux heures de plus de travail.

En effet, il est très bien démontré que le sommeil a un rôle fondamental pour la mémoire. Afin qu’une longue journée de travail soit efficace il faut une bonne nuit de sommeil.

Regardons ensemble une des figures d’un article paru en 2004 dans la revue Neuron :

L’expérience consiste à apprendre aux participants à reconnaître une série d’images. Il y a deux groupes de sujets (rouge et vert sur la figure).On test les sujets immédiatement après l’apprentissage des images, puis après 10 heures. Le groupe rouge dort avant d’être de nouveau testé alors que le groupe vert non. On observe ainsi une différence significative entre les deux groupes. Alors que les résultats des sujets testés étaient identiques lors du premier test, on découvre que les sujets qui ont dormi ont une amélioration de leurs performances significativement meilleurs que ceux qui sont restés réveillés.

Ces résultats ont été confirmé par une série d’autres études. Des chercheurs ont même essayé de trouver quelle phase du sommeil était responsable de cette amélioration en répétant l’expérience et en privant les dormeurs d’une certaine phase de leur sommeil. Ils ont alors mis en évidence que c’était la phase la plus profonde du sommeil (Le sommeil lent profond) qui jouait un rôle dans l’amélioration de la mémoire. Or, cette phase est prédominante dans la première partie de la nuit (souvenez-vous la figure de l’item 108) :

Alors n’hésitez plus profitez de votre nuit sans culpabiliser : vous retiendrez d’autant mieux ce que vous apprenez !

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Source : Walker MP, Stickgold R. Sleep-dependent learning and memory consolidation. Neuron. 2004 Sep 30;44(1):121–33. Review. PubMed PMID: 15450165.

https://goo.gl/forms/h124IdWLM3Zc2ehk1

Des fiches pour qui ? Des fiches pour quand ? Des fiches comment ?

Des fiches pour qui ?

Allons droit au but. Si vous avez toujours appris en faisant des fiches, ce n’est pas parce-que vous préparez l’ECNi que cela doit changer. Si vous êtes en D4 et que vous n’en n’avez jamais faites, ce n’est pas le moment de s’y mettre.
Et pour les autres alors ?

Si vous ne savez pas si vous devez faire des fiches cet article est fait pour vous.

Nous recevons plusieurs questions d’étudiants qui se demandent s’il faut faire des fiches ou qui regrettent de ne pas en avoir fait jusque là. D’où notre question :

Des fiches pour quand ?

À notre sens, en médecine il y a 4 grandes situations où les fiches sont vraiment utiles :

  1. Les dernières semaines de révisions des examens : à trois jours des partiels, c’est bien pratique pour revoir tous ses items. Idéal en D2 et D3 à la fin d’un trimestre.
  2. Lorsque l’on s’entraîne à faire des cas cliniques : pour retrouver une information lorsqu’une question nous bloque. C’est plus facile de tirer sa fiche plutôt que de sortir son bouquin de 400 pages. Très pratique aussi lorsque l’on fait un tour d’entraînement pour noter ses erreurs par item.
  3. Pendant ses stages et ses gardes : un doute devant un patient, sa fiche en poche et on brille devant son interne ou son chef…
  4. A la fin de D4, lorsque l’ECNi approche et que l’on veut pouvoir réviser tout le programme : réciter une fiche c’est plus rapide que de réciter un collège.

Vient alors naturellement la question :

Des fiches comment ?

Si vous avez l’habitude de faire des fiches rapidement et efficacement, cela vaut le coup de faire ses propres fiches. C’est tout un art de savoir identifier rapidement les points clés d’un item et faire une fiche vraiment efficace.

Si l’on maîtrise mal cette compétence subtil, il vaut mieux réutiliser des fiches. Libre de tout conflit d’intérêt, nous conseillons les fiches codex de S-ECN qui sont les plus exhaustives et les plus récentes. En effet,ce sont quasiment les seules fiches qui permettent de balayer tout l’item dans les détails et donc de répondre vraiment aux QCMs. Oubliez les fiches rédigées par des internes de l’ancien concours,elles ne sont pas adaptées aux nouvelles épreuves.

Pour finir, nous aimerions souligner le fait que le plus important n’est pas du tour la conception de la fiche ou l’édition dans laquelle on se les procure mais son utilisation de la fiche. Une fiche est efficace si on la récite. Cacher le texte de vos fiches et essayez de la réécrire en fonction de ses grandes parties (examen clinique, examen complémentaire… C’est comme cela que vous ferez fonctionner votre mémoire et que vous identifierai vos lacunes.

Le plus important est de réciter ses fiches

Recevez régulièrement des mails de conseils pour les ECNis :

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N’oubliez pas vous êtes les meilleurs ! Bonne semaine…

Gabriel & Pablo

Une garde en réa peut changer votre externat.

Je fis ma première garde en soins intensifs le premier jour de ma cinquième année. Ce soir-là, je pris l’ascenseur spéciale qui me menait au service de réanimation avec une impatience puérile. J’allais faire une garde en réa : le service le plus exigeant de l’hôpital. A mon tour, je passerai la nuit auprès des malades les plus graves. Tentant de veiller sur ces vies en équilibre en gardant l’œil ouvert sur leurs paramètres vitaux et en recopiant avec application les résultats de leurs prises de sang sur leur pancarte à l’entrée des chambres.

En réalité, à cette impatience se mêlait une grande appréhension. Je me sentais mal préparé à cette rencontre avec des patients aussi complexes à la porte de la mort. Je n’avais que de maigres connaissances d’étudiants en début de cinquième année. Je m’étais pourtant penché consciencieusement sur mes livres mais sans jamais y découvrir les enseignements dont j’avais besoin. J’avais besoin d’être initié. Quelqu’un devait me transmettre les trucs qu’il faut maîtriser pour passer la nuit dans un tel service.

Quand j’entrais dans l’unité, la jeune chef de clinique me sourit.

« C’est ta première garde en réa c’est cela ? Ne t’inquiète pas, cela va bien se passer. »

Elle répandait la confiance en elle comme une lampe répand la lumière dans une pièce. Cette chef qui devait quelques heures plus tard gérer simultanément trois patients en état de choc souriait tranquillement accoudée sur le chariot remplit de dossiers. Elle me fit asseoir et me dit « ici nous avons des patients très complexes, leurs cœurs, leurs poumons leurs reins, et même parfois leurs cerveaux sont dans un état critique. Cela n’a pas l’air facile. Pourtant, c’est avec des notions simples que l’on peut les sauver.» Elle prit alors une feuille et un stylo et se mit à m’expliquer les principes fondamentaux de la réanimation. Elle chercha à me faire comprendre quelques notions de physiopathologie concernant les états de choc. Mais elle ne m’enseignait pas les états de choc comme on avait pu le faire dans les amphis de la fac elle faisait des états de choc mes amis. Elle ne me parlait pas de SvO2 ni de résistance vasculaire ni de débit cardiaque. Elle me donnait les clés pour comprendre à partir d’éléments logiques et de situations pratiques les états de choc. Elle me fit noter une équation sur mon petit carnet dans la poche de ma blouse. Mais ce n’était plus l’une des équations arides du livre de réanimation : elle prenait sens devenant une arme que je pourrais dégainer au moment critique. Elle me fit entrer dans la chambre d’un patient et me montra comment en trois coups d’œil elle se faisait une idée d’un patient ; m’indiquant quels résultats devaient me rendre méfiant, lesquels au contraire devaient me rassurer. L’item état de choc se transformait peu à peu. Ce n’était plus un bloc de texte stérile dans un épais livre rouge à la couverture anxiogène mais des exemples pratiques, des patients réels, des histoires de malades qu’elle avait rencontrés.

Je compris grâce à cette demi-heure de cours que la médecine ne pouvait s’apprendre que dans les livres, elle se transmettait de bouche de médecin à oreille de médecin. Malheureusement, je suis incapable ici de reproduire en détail le contenu exact de ce cours, je ne peux que partager avec vous deux conseils :

  • Posez un maximum de question à vos chefs et à vos internes. Demandez-leur avant tout comment ils réfléchissent face à un malade. Essayer surtout de leur faire formuler les hypothèses cliniques qu’ils évoquent face à tel ou tel patient, quels paramètres ils regardent en priorité sur la prise de sang… Cela vous permettra d’acquérir beaucoup plus facilement et rapidement le raisonnement clinique face à un patient. Un raisonnement clinique précis fait automatiquement monter les notes de ses DPs.
  • Donnez vie à vos livres. Essayez d’illustrer chaque item avec des cas cliniques concrets que vous avez rencontré en stage, sur SIDES ou dans des livres de cas…
https://armandoh.org/subjects/emergency/

En bonus pour bien comprendre la physiopathologie je vous recommande les vidéos de ce site https://armandoh.org/subjects/emergency/ (en anglais sous-titré) qui m’avaient énormément aidées en quatrième année.

Vous avez connus des chefs ou des internes extraordinairement pédagogues ? Partagez votre histoire dans les commentaires…

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ECNi 2019 : les tendances annoncées par les experts du CNCI

Cet été, un comité d’expert a été formé pour analyser les épreuves des ECNis de 2016. Composé de deux internes de neuvième semestre et six chefs de clinique-assistants (CCA), 18 universitaires expérimentés (PU-PH), dont 4 membres de groupes experts du Conseil national du concours de l’internat (CNCI).

Analyse des questions de l’ECNi 2016

Après analyse des 387 questions, leur première conclusion est que 21% des questions posées en 2016 n’étaient pas pertinentes : les réponses n’étaient pas dans le référentiel ou alors, les connaissances n’étaient pas au programme. Par ailleurs, la moitié des questions ne faisaient appel qu’à des capacités de mémorisation : « du par cœur pur ». Par contre, concernant l’épreuve de LCA, la moitié des questions portaient uniquement sur la compréhension du texte et aucune ne demandait à l’étudiant d’utiliser uniquement sa mémoire.

Par ailleurs, ils ont remarqué que la pertinence des questions étaient significativement plus faibles dans les cinq dernières questions des dossiers comparés aux cinq premières.

Ce groupe d’expert a donc formulé des « pistes pour améliorer les épreuves ». Vu qu’une partie de ces experts font partie du CNCI et que certains sont très investis dans la conception du concours (comme le Pr Vignes), il y a de grandes chances que ces « pistes » soient prises en compte très sérieusement pour la conception des sujets de 2019 et 2020.

Les voici en avant-première : (l’article n’est pas encore publié dans la revue papier)

1. Des dossiers plus courts :

Le texte de loi régissant les ECNis prévoit que les dossiers peuvent être composés de 13 à 15 questions. Vu que les rédacteurs ont beaucoup de mal à écrire 15 questions pertinentes, il y a de grandes chances que les prochains dossiers soient plus courts. Soit des DP de 13 questions ; cela devrait favoriser leur qualité et les rendre plus naturellement progressif.

2. Des vignettes cliniques dans les questions isolées :

La conclusion du comité d’expert est formelle : il faut limiter les questions ne sollicitant que la mémoire des étudiants. Il est donc demandé pour les épreuves futures d’écrire un maximum de questions isolées sous la forme de vignettes cliniques. On avait déjà observé cette tendance en 2018, cela devrait se confirmer cette année avec une majorité de question sous la forme de Mme Y se présente… / M X est admis aux urgences pour…

3. Une place importante pour la physiologie, l’anatomie et la pharmacologie :

Un des objectifs de la réforme en 2016 était d’introduire plus de questions sur les connaissances fondamentales. 2017 et 2018 ont confirmé cette tendance. En 2019, préparez-vous à au moins une question d’anatomie et une question de physiologie par DP.

En espérant que cet article, vous aidera dans vos révisions. Face à un dossier, souvenez vous toujours qu’une partie des questions n’est pas pertinente et ne sera pas sélective. Ne restez pas focalisé dessus et concentrer vous sur les QCMs qui vont vous rapporter des points. En LCA, entraîner vous avant tout à bien comprendre l’article qui vous est proposé.

Courage, on est avec vous.

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Source :

Pr Rivière et Pr Vignes : deux experts du CNCI de Bordeaux très investis dans la conception des épreuves

Rivière E, et al. Analyse docimologique des premières Épreuves classantes nationales informatisées (ECNi) de 2016 : propositions d’amélioration. Rev Med Interne (2018), https://doi.org/10.1016/j.revmed.2018.07.006

Étudiants versus Senior, une étude pas randomisée, pas en double aveugle mais…

Chers amis randonneurs,

il me tenait à cœur de partager avec vous ce dimanche quelques uns des enseignements qui nous ont été dispensés dans ma formation de médecine d’urgence.

Quelles sont les grandes différences entre les internes-et par extension, les externes- et les médecins seniors dans l’approche clinique d’un cas ?

Quelles sont les 4 grandes erreurs que font les internes quand ils se lancent dans un dossier ?

C’est ce que je vous propose de développer aujourd’hui.

  • Hiérarchiser les hypothèses :

    La première des choses c’est que nous ne parvenons pas à hiérarchiser nos hypothèses diagnostiques.

     Un certains nombre d’idées nous viennent naturellement en tête sans que l’on puisse cependant parvenir à véritablement les classer par ordre de probabilité…Ainsi on se retrouve assez vite avec un fouillis d’idées, se valant toutes plus ou moins, sans que l’on ne parvienne à vraiment en dégager une quand le chef nous demande “mais alors il a quoi ton patient ?… “
  • Evaluer la probabilité des hypothèses :

    Bien souvent nous avons tendance à surévaluer ou au contraire sous-évaluer la probabilité de telle ou telle hypothèse diagnostique en comparaison des seniors. Ainsi, pour beaucoup d’internes, l’hypothèse qui prend forme sera soit quasi certaine soit de probabilité nulle, sans demi mesure. Que celui qui n’a pas déjà mit sa main à couper sur l’embolie pulmonaire me jette la première pierre…

Ce qui naturellement nous amène à notre 3e point:

  • Etre capable de remettre en cause son diagnostic :

    Une fois lancé sur une piste, il est extrêmement difficiles pour les internes de la remettre en cause.

    Et ce même si certains signes à l’interrogatoire ou à la clinique vont clairement contre cette hypothèse. L’interne aura tendance à les ignorer, ou les minimiser. Et ne cherchera qu’à retenir les signes allant dans le sens concordant.

    On ne trouve que ce que l’on cherche…
  • L’hypothèse doit guider le reste :

    La dernière grosse différence est que les médecins seniors orientent leur examen et leur interrogatoire en fonction des hypothèses diagnostiques déjà formulées, cherchant à éliminer ou à valider celles ci ou celle là quand les internes, eux, procèdent de façon « systématique », sans réfléchir sur le moment à ce que peut avoir le patient.

    Puis vont faire le tri des informations récoltées dans un second temps pour établir leurs hypothèses.

    Bien sur je n’ai pas pu développer plus que ça chaque point mais ils mériteraient tout les 4 un article dédié.

Prenez simplement le temps d’y penser comme dirait l’autre, la prochaine fois que vous rentrerez dans une chambre.

C’est peut être la meilleure façon de lutter contre ces erreurs: En avoir conscience.

Pour les courageux, quoi de mieux qu’un peu de LCA en cette nouvelle année?

Voici le lien: https://sci-hub.tw/10.1016/j.annemergmed.2014.05.003

Nous espérons que vous avez profité des fêtes à l’abri dans votre refuge.

Nous arriverons au sommet les amis ! La vue y est sublime.

Ne lâchez rien.

Vous êtes parfaits!

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Pablo Morales.

2019 – Quelle résolution prendre pour les ECNis et comment la tenir ?

Au matin du 1er janvier, on a le sentiment d’avoir passer un nouveau cap. Un je-ne-sais-quoi quoi dans l’atmosphère donne une impression de changement. Le moment est alors propice pour prendre de nouvelles habitudes. Malheureusement, on ne les respecte souvent que quelques temps puis on les abandonne. Parfois, l’année suivante, on se souvient avec regret de sa bonne résolution et on se dit :

« Si seulement j’avais réussi à la respecter ! »

Est-ce réellement une fatalité ? Sommes nous condamnés à ne pas respecter nos engagements du premier janvier ? Afin de répondre à cette question, nous avons rapidement interrogés la littérature scientifique (via NCBi, voir sources à la fin de l’article) et bonne nouvelle, il n’est pas si difficile d’adopter de nouvelles habitudes sur le long cours… A condition de suivre la bonne recette ! Nous souhaiterions donc vous livrer les points clés de cette recette en utilisant un exemple concret qui vous aidera à réussir le concours.

En effet, un étudiant qui prépare l’internat doit adopter de nouvelles habitudes et les garder sur plusieurs années. Une d’elle, pourtant plébiscitée par de nombreux PUPH, est réputée extrêmement difficile à entériner : s’entraîner régulièrement à faire de la LCA (lecture critique d’article). Il a été prouvé qu’il est extrêmement bénéfique pour la santé de son classement de faire de la LCA très régulièrement ! C’est à dire, en D3, deux fois par mois et une fois par semaine en D4.

Voici donc une méthode pour y arriver :

1) formuler clairement son objectif :

Ici se serait pour un D4 : « Faire un article de LCA par semaine jusqu’aux ECNis quoi qu’il arrive. »

Il est beaucoup plus facile de suivre une habitude qui a été formulé de manière positive avec des verbes d’action (faire, suivre, changer) qu’une habitude formulée de manière négative (ne plus, arrêter de…)

2) Se fixer une heure précise dans son calendrier pour « faire » sa nouvelle habitude.

Il est bon de choisir un moment juste avant une activité qui nous fait plaisir. A titre d’exemple, nous avions choisi de faire de la LCA le samedi en fin d’après-midi car le samedi soir était réservé pour sortir. Il était alors beaucoup plus facile d’accepter de faire 3 heures de LCA de 17h30 à 20h30 sachant que l’on allait s’amuser juste après.

4) Fixer des rappels dans son emploi du temps.

Créer une alerte sur son téléphone, surligner 3 fois la plage horaire sur son agenda, demander au voisin de sonner à votre porte…Tous le moyens sont bons à condition qu’ils soient efficace en donnant le bon signal au bon moment.

6) Surveiller son habitude et se féliciter de la tenir.

A la fin de chaque mois il peut être utile de reporter sur une feuille le nombre de séances de LCA réellement effectuées. Une autre façon est de se lancer dans sa nouvelle habitude avec un autre étudiant et de se soutenir l’un l’autre en « surveillant » si l’autre respecte bien son engagement.

7) Abandonner une fois de temps en temps mais jamais deux fois de suite.

Une étude s’intéressant au taux de maintien de nouvelles habitudes de santé à montrer que de manquer une opportunité avait peu d’influence sur le maintien de cette habitude au long cours par contre, quand les patients étudiés manquaient deux opportunités de suite, ils abandonnaient significativement plus souvent leur bonne résolution.

8) Respectez votre engagement 21 fois pour qu’il devienne automatique.

Un mythe circulant sur internet dit qu’il suffit de suivre sa nouvelle habitude 21 fois pour qu’elle devienne automatique. En réalité, les études montrent qu’elle doit être adoptée au moins 66 fois de suite…

Par conséquent, si vous arrivez déjà à faire de la LCA une fois par semaine d’ici le mois de juin soyez très fier de vous.

Votre classement vous remerciera à coup sûr de l’effort fournit.

Prêt à te lancer dans l’aventure ?

Partages cette article avec un ami et lancez-vous dans le challenge hebdomadaire de LCA.

Sinon, tu peux envoyer un mail à randoecni@gmail.com avec le texte ci-dessous rempli. Nous nous engageons à te soutenir dans ta bonne résolution jusqu’au mois de juin.

« Je m’engage à faire de la LCA, une fois par semaine jusqu’au mois de Juin. J’ai décidé de faire de la LCA tous les *choisir un jour de la semaine* à * choisir une heure*. »

Meilleurs vœux de réussite pour cette année

Gabriel Hallali

Tous les conseils pour les ECNis sont sur facebook.com/randoecni1

https://goo.gl/forms/4rsFDCMGLdpv092n1

Source :

(1) Gardner, Benjamin et al. “Making health habitual: the psychology of ‘habit-formation’ and general practice” British journal of general practice : the journal of the Royal College of General Practitioners vol. 62,605 (2012): 664–6.

(2) Chatzisarantis, N. L., & Hagger, M. S. (2007). Mindfulness and the intention-behavior relationship within the theory of plannedbehavior. Personality and Social Psychology Bulletin, 33, 663 – 676.

(3) Pirolli, Peter et al. “Implementation Intention and Reminder Effects on Behavior Change in a Mobile Health System: A Predictive Cognitive Model” Journal of medical Internet research vol. 19,11 e397. 30 Nov. 2017, doi:10.2196/jmir.8217

(4) European Journal of Social Psychology Eur. J. Soc. Psychol. 40, 998 – 1009 (2010) Published online 16 July 2009 in Wiley Online Library (wileyonlinelibrary.com) DOI: 10.1002/ejsp.674 How are habits formed : modelling habit formation in the real world.

Plan d’action : trouver la motivation

Quand on prépare les ECNi, on entend en permanence qu’il faut rester motivé. Chaque jour, de l’interne de ton service le matin au conférencier de santé publique le soir, quelqu’un se débrouille pour te glisser un mot sur l’importance de continuer jusqu’au bout et de ne rien lâcher jusqu’aux ECNi. Combativité, pugnacité, persévérance etc… ils n’ont que ça à la bouche et pourtant…

Les Naufragés du Fol Espoir

… Pourtant, en trois ans d’externat, je n’ai pas connu une seule semaine où ma motivation n’a pas été mise à mal. Cela se manifestait par une sensation de na pas avancer et d’avoir la mauvaise méthode de travail. A cela venait se rajouter un sentiment d’inutilité… Face à mon bureau, les moments de solitude et de désespoir ont été nombreux et souvent douloureux. Ainsi, il fallait très régulièrement trouver la motivation de se mettre au travail.

Les premiers temps, la musique « Eye of the Tiger » du film Rocky me donnait suffisamment d’énergie pour tout un après-midi. Mais, comme toute substance addictive, un phénomène de tolérance est apparu et il a fallu changer de méthode.

J’ai alors décidé de tester différentes façon de me motiver à travailler les jours où le moral était au plus bas. Je me suis donc inspiré de théories empiriques de psychologie ou de conseils de mes amis et de ma famille. J’aimerai ici vous partager une méthode pour déclencher une forte motivation à travailler. Testée plusieurs fois avec succès.

Le plan d’action MOTIVATION

Les jours où je ne trouvais ni l’envie ni la force de travailler et cela même après une bonne douche et un petit déjeuner fort en caféine. J’adoptais un plan d’urgence. D’abord, je rangeais ma table de travail et fermais tous les collèges ouverts dessus. Ensuite, il fallait sélectionner un item de mon programme de révision dont je savais qu’il était ni trop long, ni trop difficile. L’important était que :

1) je sois intimement convaincu de pouvoir le terminer en une seule séance de travail.

2) je perçoive cet item comme ayant une forte utilité ; non pas pour le concours mais pour moi.

Je choisissais donc un chapitre dont j’avais la sensation que sa maîtrise détaillée me permettrait d’être un meilleur médecin. Les compétences que je cherchais à acquérir pendant ces séances de travail “forcés”, sans motivation, étaient avant tout destinées à me satisfaire.

Un exemple en pratique :

Je me souviens d’un gros coup de mou le mardi de ma semaine de révision de pneumologie du premier tour qui tombait en plein mois de Décembre. La journée était très mal partie : je tournais distraitement les pages de ce collège, admirant sa belle couverture bleue et lisant ça et là des bouts de phrase. A 10h30, voyant l’inutilité de mon travail et mon manque total de motivation pour me plonger dans des détails obscurs de la sarcoïdose pulmonaire. J’ai donc décidé d’appliquer ma méthode spéciale de motivation. Je suis donc passer à l’item 155 : Tuberculose pulmonaire ! C’était pour moi, l’item dont je me sentais le plus à même de faire efficacement le tour complet en quelques heures et surtout que je percevais comme central pour ma future vie de médecin en région parisienne. J’avais déjà vu des dizaines de patients tuberculeux et je pense en voire encore des centaines d’ici la fin de mon internat… Ainsi, cette technique m’avais permis de “sauver” une journée de travail. Je suis sorti ce jour-là de mon bureau avec le sourire de quelqu’un qui a accompli quelque chose de satisfaisant pour lui-même. Le jour J, c’est la tutu qui est tombée… Bien sûr, cela ne marche pas à tous les coups. Mais, avoir ce plan d’urgence “motivation” en tête permet parfois de sauver sa journée…

Allez, courage 😉

Gabriel Hallali

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Pour ceux qui veulent (et qui ont le temps… !) en savoir plus cette technique motivationnelle a été théorisé par Allan Wigfield et Jacquelyne Eccles en l’an 2000. (Source : Wigfield A, Eccles JS. Expectancy-value theory ofachievement motivation.Contemp Educ Psychol 2000;25:68–81.)

Théorie simplifié de Wigfield et Eccles