Archives de catégorie : Qui sommes-nous ?

Dix ans après Paris se souvient ?

Ce matin, une dizaine de policiers est rassemblée autour de la petite place au coin de ma rue. Gilets pare-balles et mitraillette au poing, ils gardent le square à la mémoire des victimes des attentats du 13 novembre. Au-dessus des quelques plantes qui survivent difficilement sur le bitume, repère préféré des chiens du quartier, une plaque vient rappeler qu’ici, il y a dix ans, un terroriste s’est fait exploser pendant que la serveuse prenait sa commande.

Depuis une semaine, la ville est recouverte des affiches officielles de la mairie de Paris : FLUCTUAT NEC MERGITUR / Paris se souvient. Le service de communication a bien travaillé, l’affiche est puissante. Ainsi, à mesure qu’elles croisent mon chemin pour aller au travail, je me souviens aussi. Surtout, je me souviens du lendemain du 13 novembre. J’avais commencé mon externat depuis un mois. L’interne de garde m’avait appelé après le staff de 7 h 50 pour venir aider au bloc : ils n’étaient plus assez.

J’ai pris la vieille Clio de mes parents pour arriver plus vite à l’hôpital. Toutes les rues étaient désertes. Je revois les trois militaires armés et cagoulés qui gardaient l’entrée de l’hôpital et vérifiaient nos cartes professionnelles.

Je suis resté au bloc jusqu’au soir. Les opérations s’enchaînaient et les chirurgiens défilaient. Mon travail consistait essentiellement à tenir les bras ou les jambes desquels on retirait les balles.

Je me souviens de la visite du 15 novembre en réanimation, où nous sommes repassés voir les opérés. Ils se réveillaient à peine et découvraient leurs membres disloqués.

Paris se souvient, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que se souvenir implique nécessairement que l’expérience appartient au passé.

Mais peut-on dire que les attentats appartiennent au passé ? L’opération Sentinelle est toujours en place. L’armée patrouille en permanence par groupes de deux voitures. Ils protègent les « points chauds » de la ville. Les voitures s’arrêtent à côté de la mairie quand il y a un mariage, devant les écoles à l’heure de la sortie. Les synagogues et les écoles juives sont particulièrement bien surveillées également. Là, les militaires préfèrent même sortir de leur voiture, la mitraillette sous le bras, dès qu’il y a un petit rassemblement.

Devant chaque bâtiment, le triangle rouge URGENCE ATTENTAT vient rappeler que nous sommes en niveau d’alerte maximale. En réalité, le niveau d’alerte n’a jamais été abaissé depuis dix ans.

En même temps, en 2025, n’y a-t-il pas eu deux attaques du même genre que les attentats du 13 novembre ? Peut-on dire « je me souviens des passants fauchés à Oléron », « je me souviens de l’attaque au couteau de Mulhouse » ?

Dans ce cas, ce soir je me souviens aussi aux titres qui ne font pas nécessairement la une des journaux : rapport du renseignement intérieur sur le danger et l’influence des Frères musulmans en France ; fermeture de l’Institut européen des sciences humaines pour cause de diffusion d’une idéologie misogyne, djihadiste et antisémite ; fermeture de l’Institut des sciences de l’islam pour diffusion de valeurs contraires au pacte républicain ; manifestants arrêtés avec des pancartes à la gloire du terrorisme ; interview d’un maire qui alerte sur la radicalisation de sa population.

En réalité, depuis 2015 nous avons été désensibilisés. Il est devenu normal d’avoir des attentats réguliers sur le territoire, normal que la pensée djihadiste se répande, normal qu’une députée refuse de qualifier le meurtrier de Samuel Paty de fanatique musulman. Normal de se souvenir que nous vivons sur la menace permanente du terrorisme. Normal que notre république laïque et démocratique soit sous le feux des djihadistes.

Non. Il n’est pas normal de découvrir une photographie du cerveau des attentats du 13 novembre, habillé d’un costume et d’une chemise bien repassée, faire la une du Figaro (1) la semaine du treize novembre parce qu’il souhaite intégrer un programme de justice restaurative. On découvre que malgré sa peine de prison à vie qu’il est censé purger à l’isolement, il est de nouveau mis en examen pour avoir consulté sur son ordinateur une clé USB apportée clandestinement par sa compagne et contenant de la propagande islamiste.

Qui finance l’avocat de cet homme ? Qui finance le repassage de ses habits en prison ? Comment peut-il avoir accès à un ordinateur dans une cellule à l’isolement ? Qui finance l’islamisme radical sur notre territoire ?

Comment nous sommes-nous habitués ? Pourquoi nous sommes-nous habitués ?

Paris se souviens ? Non Paris souffre. La France souffre et pleure.

Quel est le secret du major des concours de médecine ?

Pendant quatre ans, lors de chaque examen à la faculté, j’étais assis à côté du major de ma promotion. Il était arrivé premier du concours d’entrée en médecine et s’est classé parmi les 20 premiers aux ECNi. J’avais remarqué qu’avant chaque examen, juste avant de rentrer dans la salle, il lisait avec attention un petit morceau de papier qu’il rangeait soigneusement dans sa poche. J’ai vite remarqué du coin de l’ œil son habitude. J’ai tout de suite compris qu’il y avait un grand secret écrit sur ce papier.

Une fois, alors que les surveillants nous pressaient de renter dans la salle d’examen il fit tomber le précieux papier qui s’échoua à mes pieds. La foule d’étudiants pressés se mettant en mouvement, j’étais le seul en mesure de le ramasser. Je m’empressai de le saisir tout excité de découvrir son secret. J’eus alors quelques secondes pour déchiffrer la phrase écrite dessus avant de lui rendre son précieux billet.

« Le coeur est à gauche, le foie est à droite. »

Son secret était simple. Relire le plus évident, la base, la connaissance élémentaire juste avant chaque examen. Tel est le secret du major : toujours s’assurer de maîtriser les connaissances les plus évidentes pour s’assurer un maximum de points sur chaque question. Les détails viennent après et lui permettent de gagner les autres points qui le hissent au sommet du concours.

N’oubliez jamais : le but est d’acquérir les bases !

Courage et persévérance !

L’équipe Rando-medicale

Service correction de copie ECNi / EDN / ECOS / CONCOURS BLANC

Sur le chemin vers son poste d’interne, on rencontre de nombreuses questions et cas clinique pour lesquelles aucune correction n’est disponible. Bien souvent on reste frustré de ne même pas comprendre pourquoi on a fait une erreur.

Notre site RANDO MEDICALE vous propose désormais un service de correction.

Soumettez vos dossiers cliniques, QIs, TCS, ECOS… pour lesquels vous ne comprenez pas la réponse ou alors ceux pour lesquels vous n’avez pas la grille de correction. Notre comité scientifique analysera le dossier et vous fournira la meilleure réponse possible avec les commentaires pour améliorer vos performances.

Vous pouvez aussi nous soumettre vos résultats de concours blanc / partiels nous analyserons votre copie et nous vous proposerons un plan d’action pour vous améliorer.

Envoyez vos demandes à randoecni@gmail.com

Notre but est de vous accompagner le mieux possible vers le poste d’interne dans la ville et la spécialité de votre choix.

Courage et persévérance.

L’équipe RANDO MEDICALE

Communiqué de presse – APPEL À LA VIGILANCE LOI SANTE PLFSS 2022

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2022 comprend une réforme de l’accès aux soins en ophtalmologie. L’article 42 prévoit de confier aux orthoptistes la première prescription des lunettes sans contrôle par un ophtalmologiste. Cela constitue un danger pour la santé des yeux des français.

Dans quelques jours le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 doit être voté. Il comprend notamment un article dangereux pour l’avenir de la santé visuelle des Français. En effet, l’article 42 prévoit un accès à la primo prescription des lunettes par les orthoptistes sans contrôle médical par un ophtalmologiste ainsi que l’autorisation des orthoptistes à dépister les troubles visuels de l’enfant sans contrôle médical préalable.

Pour rappel une orthoptiste obtient son diplôme après uniquement 3 années de formation axée essentiellement sur les principes de rééducation des troubles visuels. Aucune formation n’est prévue sur le dépistage des pathologies oculaire ni l’examen ophtalmologique.

Nous disposons en France du système de soins en ophtalmologie parmi les plus performant et sécurisé du monde. Un chiffre marquant est le taux de la population sous traitement antiglaucomateux (pathologie asymptomatique dépisté par les ophtalmologistes en France à chaque consultation), il est de 2,2% en France contre 0,9% en Angleterre ou 1% en Allemagne. La prévalence de la maladie est estimée à 3% de la population dans les pays d’Europe. En France, c’est grâce au dépistage systématique des pathologies oculaires avant une première prescription de correction optique que le dépistage du glaucome est plus efficients que dans nos pays voisins. Par rapport à l’Angleterre se sont environ 800 000 cas d’atteinte irréversible du champ visuel que l’on prévient grâce à notre système de soins basé sur le passage de tout patient par un médecin ophtalmologiste avant une première prescription de lunettes.

Un très grand nombre de pathologies ophtalmologiques très graves ne se manifestent pas par une baisse de vision en premier mais doivent être dépistées par un examen ophtalmologique de routine (entretien médical, examen du nerf optique…). Par ailleurs, l’ophtalmologiste se retrouve dans un nombre non négligeable de situation à poser en premier le diagnostic d’une maladie systémique (découverte de diabète de type II, de pathologies inflammatoires ou même de cancer).

Cette loi si elle était votée aurait donc pour impact :

  1. Une diminution de la qualité de dépistage des pathologies ophtalmologiques
  1. Une multiplication des situations de perte de chance (pathologies diagnostiqués plus tardivement avec conséquences irréversibles)
  2. Une diminution de la qualité des soins visuels (ce n’est pas pareil d’être pris en charge par une équipe comprenant un médecin spécialisé en ophtalmologie ayant fait 12 années d’études ou d’être pris en charge par une orthoptiste formée en 3 ans et salariée d’un centre de santé dont le fonctionnement et les conflits d’intérêts peuvent être opaques.

Aujourd’hui l’ensemble de la profession (professeurs universitaires, médecin libéraux, internes) essayent de faire entendre leurs voix pour stopper la réforme.

Nous avons besoin d’aide pour alerter la population.

Une pétition lancé par l’association nationale des jeunes ophtalmologiste est en cours : https://www.change.org/p/citoyens-francais-responsables-ouvrez-et-sauvez-vos-yeux-projet-de-loi-à-l-encontre-de-votre-santé-visuelle

Contact presse : gabrielhallali@gmail.com 0695963319

En espérant que notre action protégera la santé des yeux de chacun.

Une garde en réa peut changer votre externat.

Je fis ma première garde en soins intensifs le premier jour de ma cinquième année. Ce soir-là, je pris l’ascenseur spéciale qui me menait au service de réanimation avec une impatience puérile. J’allais faire une garde en réa : le service le plus exigeant de l’hôpital. A mon tour, je passerai la nuit auprès des malades les plus graves. Tentant de veiller sur ces vies en équilibre en gardant l’œil ouvert sur leurs paramètres vitaux et en recopiant avec application les résultats de leurs prises de sang sur leur pancarte à l’entrée des chambres.

En réalité, à cette impatience se mêlait une grande appréhension. Je me sentais mal préparé à cette rencontre avec des patients aussi complexes à la porte de la mort. Je n’avais que de maigres connaissances d’étudiants en début de cinquième année. Je m’étais pourtant penché consciencieusement sur mes livres mais sans jamais y découvrir les enseignements dont j’avais besoin. J’avais besoin d’être initié. Quelqu’un devait me transmettre les trucs qu’il faut maîtriser pour passer la nuit dans un tel service.

Quand j’entrais dans l’unité, la jeune chef de clinique me sourit.

« C’est ta première garde en réa c’est cela ? Ne t’inquiète pas, cela va bien se passer. »

Elle répandait la confiance en elle comme une lampe répand la lumière dans une pièce. Cette chef qui devait quelques heures plus tard gérer simultanément trois patients en état de choc souriait tranquillement accoudée sur le chariot remplit de dossiers. Elle me fit asseoir et me dit « ici nous avons des patients très complexes, leurs cœurs, leurs poumons leurs reins, et même parfois leurs cerveaux sont dans un état critique. Cela n’a pas l’air facile. Pourtant, c’est avec des notions simples que l’on peut les sauver.» Elle prit alors une feuille et un stylo et se mit à m’expliquer les principes fondamentaux de la réanimation. Elle chercha à me faire comprendre quelques notions de physiopathologie concernant les états de choc. Mais elle ne m’enseignait pas les états de choc comme on avait pu le faire dans les amphis de la fac elle faisait des états de choc mes amis. Elle ne me parlait pas de SvO2 ni de résistance vasculaire ni de débit cardiaque. Elle me donnait les clés pour comprendre à partir d’éléments logiques et de situations pratiques les états de choc. Elle me fit noter une équation sur mon petit carnet dans la poche de ma blouse. Mais ce n’était plus l’une des équations arides du livre de réanimation : elle prenait sens devenant une arme que je pourrais dégainer au moment critique. Elle me fit entrer dans la chambre d’un patient et me montra comment en trois coups d’œil elle se faisait une idée d’un patient ; m’indiquant quels résultats devaient me rendre méfiant, lesquels au contraire devaient me rassurer. L’item état de choc se transformait peu à peu. Ce n’était plus un bloc de texte stérile dans un épais livre rouge à la couverture anxiogène mais des exemples pratiques, des patients réels, des histoires de malades qu’elle avait rencontrés.

Je compris grâce à cette demi-heure de cours que la médecine ne pouvait s’apprendre que dans les livres, elle se transmettait de bouche de médecin à oreille de médecin. Malheureusement, je suis incapable ici de reproduire en détail le contenu exact de ce cours, je ne peux que partager avec vous deux conseils :

  • Posez un maximum de question à vos chefs et à vos internes. Demandez-leur avant tout comment ils réfléchissent face à un malade. Essayer surtout de leur faire formuler les hypothèses cliniques qu’ils évoquent face à tel ou tel patient, quels paramètres ils regardent en priorité sur la prise de sang… Cela vous permettra d’acquérir beaucoup plus facilement et rapidement le raisonnement clinique face à un patient. Un raisonnement clinique précis fait automatiquement monter les notes de ses DPs.
  • Donnez vie à vos livres. Essayez d’illustrer chaque item avec des cas cliniques concrets que vous avez rencontré en stage, sur SIDES ou dans des livres de cas…
https://armandoh.org/subjects/emergency/

En bonus pour bien comprendre la physiopathologie je vous recommande les vidéos de ce site https://armandoh.org/subjects/emergency/ (en anglais sous-titré) qui m’avaient énormément aidées en quatrième année.

Vous avez connus des chefs ou des internes extraordinairement pédagogues ? Partagez votre histoire dans les commentaires…

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Pendant que ma tasse de thé me chauffe les mains, j’observe les teintes orangées du soleil qui viennent éclairer ma terrasse. Ce matin, c’est l’aube de mes vacances et de ma nouvelle vie. Mon sac de randonnée est posé à côté de moi. Je pars pour des vacances très attendu : les vacances « post-ECN. » Tous les externes qui préparent le concours rêvent de ces vacances. Les dernières semaines avant le concours, elles sont devenue la seule source de motivation assez forte pour me garder assis à mon bureau à travailler.

Quatre mois de liberté totale commence : pas de stage, pas de garde et surtout aucun stress quand à mon affectation finale. Classé dans les cinq cent premiers, ce rang me garantie un poste dans la ville et la spécialité de mon choix. Le soleil monte dans le ciel pur de ce matin d’été, pas un nuage ne vient tacher l’horizon.

J’enfile mon sac et vérifie une dernière fois mon passeport et mes billets d’avion. C’est bon ! Je suis prêt à fermer ma porte et oublier ces trois années d’externat. Pourtant, quelque chose me retient. En tournant la clé dans ma serrure, je repense à toutes les personnes qui m’ont permis d’obtenir cette liberté. On ne prépare pas seul ce concours et on ne le réussit pas seul. Comme en haute montagne, on part accompagné. Autour de moi, il y a ma famille qui m’a soutenu sans faillir tout au long de l’aventure et un groupe d’amis qui a fait le chemin en même temps. Mais en plus de cet équipe de choc, il y a tous ces conseils et astuces que les internes, les chefs, les professeurs hospitaliers… m’ont confié quand je cherchais ma méthode de travail. Ils m’ont guider dans ce long chemin de randonnée vers le concours, me transmettant leur façon d’avancer, leurs raccourcis et leurs astuces pour aller vers le sommet.

C’est la raison d’être de ces posts. Tenter de réunir et de confier à mon tour aux prochains externes ces conseils, ficelles et autres secrets pour se préparer dans les meilleurs conditions à devenir médecin. J’espère que je serais à la hauteur de cette tâche et que cela servira au moins à une personne…

D’ailleurs je laisse ici mon mail pour permettre à quiconque de me faire parvenir ses questions sur les études de médecine : randoecni@gmail.com N’hésitez pas ! A très vite.

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