Rando-LCA : Biais de mémorisation

Est-ce que le soleil nous rend aveugle ? Est-ce que le téléphone donne des tumeurs au cerveau ? …

Ces questions qui agitent régulièrement la toile, animent aussi le cerveau des chercheurs depuis des dizaines d’années. De nombreuses études ont été organisé à travers le monde pour essayer de trouver des réponses scientifiquement valides. La plupart d’entre elles sont des études cas-témoins : des cas sont identifiés par une équipe de recherche, ces cas sont interrogés sur leur mode de vie (exposition au soleil dans l’enfance, utilisation du téléphone portable…), puis des individus indemnes de la maladie sont recrutés et doivent répondre aux mêmes questions ; ce sont les témoins. Les chercheurs peuvent alors identifier si certains facteurs sont associés ou non au déclenchement d’une maladie. Le problème est qu’à chaque fois, dans ce type d’étude, les chercheurs se confrontent à une difficulté majeure : le biais de mémorisation. (recall bias en anglais) Ce biais est indispensable à connaître pour les ECNis. (2017 Article 1 / question 6).

Le mois dernier, j’ai été directement confronté à ce biais en stage, d’où l’envie de vous le présenter en détail.

Dans le cadre d’une étude qui cherchait à évaluer la relation entre l’exposition solaire et la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge), je devais interroger trente patients atteints de DMLA et trente témoins (patients du même âge n’ayant pas la maladie) sur leurs pratiques en terme de protection solaire (port d’une casquette, utilisation de crème solaire, activités en extérieur…). Au bout d’une quinzaine d’interviews, je me suis rendu compte qu’il y avait une différence systématique dans la précision des réponses des cas et celle des témoins. En effet, la plupart des cas, une fois confrontés à leur diagnostic de DMLA avaient fait des recherches sur internet, discuté avec leur conjoint… Ils avaient donc déjà réfléchi en détail aux questions que nous leur posions. Leurs réponses étaient ainsi plus précises que les patients indemnes de maladie.

Ainsi, à cause de ce phénomène, les résultats de l’étude risquent d’être biaisés :

une erreur systématique dans le recueil de l’exposition solaire des cas va entraîner une surestimation de l’exposition solaire dans le groupe des patients atteints de DMLA. L’association entre DMLA et exposition solaire chez les cas ne reflètera pas la réalité.

Ce biais a été très bien décrit et mesuré dans les études cherchant une association entre l’utilisation d’un téléphone portable et le développement de gliome du nerf auditif. Les investigateurs devaient jugé de la qualité de réponse aux questionnaires par les participants d’une grande étude cas-témoin réalisée en Finlande en 2006. Ils ont trouvé 60% plus de questionnaire mal rempli dans le groupe témoin par rapport au groupe de cas atteint de gliome du nerf auditif. Les patients malades se sont beaucoup plus impliqués dans l’étude et ont donc répondu de façon beaucoup plus précise au questionnaire. Il n’était alors pas possible de conclure sur un lien entre utilisation du téléphone portable et développement d’une tumeur du nerf auditif.

Il existe des stratégies pour s’affranchir de ce biais :

  • faire des études de cohorte prospective et non pas rétrospective.
  • Choix précis dans les questions posées par les investigateurs
  • Recueil des informations des cas et des témoins dans les même circonstances. (si les cas sont interrogés dans un hôpital, il faut que les témoins le soit aussi)

Maintenant, vous avez le réflexe, dès que vous verrez une étude cas témoin, il faut noter sur sa feuille de brouillon : ATTENTION biais de mémorisation probable et les auteurs ont-ils mis en place les mesures nécessaires pour limiter son effet ?

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FICHE FLASH :

PDF disponible sur simple demande par mail.
  1. Catalogue of Bias Collaboration, Spencer EA, Brassey J, Mahtani K. Recall bias. In: Catalogue Of Bias 2017. https://www.catalogueofbiases.org/biases/recall-bias
  2. Auvinen, A., Toivo, T., & Tokola, K. (2006). Epidemiological risk assessment of mobile phones and cancer: where can we improve? European Journal of Cancer Prevention, 15(6), 516–523. doi:10.1097/01.cej.0000203617.54312.08
  3. Risk Factors for Neovascular Age-Related Macular Degeneration. (1992). Archives of Ophthalmology, 110(12), 1701. doi:10.1001/archopht.1992.01080240041025
  4.  

Concours blancs : amis ou ennemis ?

Cela fait maintenant un petit moment que l’idée d’un article à propos des concours blancs me trotte dans la tête. J’ai d’abord pensé faire un article très rationnel présentant les pour et les contres des épreuves blanches ; je me suis vite rendu compte que je n’allais qu’enfoncer des portes ouvertes.

A la place, j’ai décidé de vous faire part de mon histoire. Je n’ai fait que 3 concours blancs : les 2 ECNis blancs francilien et l’ECNi blanc national.

En décembre, pour les premières épreuves franciliennes, j’ai eu un classement, bien que correct, très en dessous de mes attentes. J’étais loin d’avoir fini mon premier tour, toutes les facs n’avaient pas fait les épreuves au même moment (et on sait tous combien 1 semaine représente en terme de nombre d’item revus !)…J’avais bien conscience que en bien ou en mal, les choses étaient susceptibles de changer et que le classement n’avait pas grand intérêt.

Certains de ma cordée sont arrivés bien mieux classés que moi. D’autres ont vraiment chuté. Et pendant de longues semaines on était à peine capable de mettre un pied devant l’autre. Nous sommes restés soudées et après quelques sous-khôlles de motivation, on a repris notre ascension.

La chute est arrivée pour moi au concours national avec un classement catastrophique.

Pourtant les dossiers étaient abordables. Voir même simples. Oui mais voilà, quand c’est simple, la moindre erreur se paye cash. Et des erreurs j’en ai fait. Trop. Bien trop. Le choc a été violent et a amené avec lui le pire ennemi du D4 : le Doute.

Étais-ce vraiment un accident ? Mon premier classement relevait peut-être uniquement de la chance ? Est-ce que j’ai le temps de rattraper le tir ? Est-ce que cela a encore le moindre sens de viser telle ou telle spécialité ?

Dans cette situation, il y a ceux qui tentent de vous soutenir, ceux qui se taisent gênés à l’annonce de votre classement et ceux qui vous disent que dans la promo de l’an dernier personne n’a remonté de place au vrai ECN après le national. Par ego, j’ai privilégié la thèse de l’accident et j’ai bien fait.

J’ai pris un week-end pour comprendre mes erreurs, ma méthodologie, identifier où est ce que ça avait coincé… Puis j’ai repris ma marche. Fermement décidé à prouver que c’était un accident.

Le dernier concours blanc est arrivé. Ultime répétition. Tellement proche de du vrais ECN qu’il faisait presque office d’échauffement. Le classement fut comparable à celui de décembre. Un peu mieux même. Pourtant il m’a paru bien plus difficile.

Et l’ECN est arrivé.

Au final, j’ai remonté 3000 places comparé au National. J’ai atteint l’objectif que je m’étais fixé en début de D4.

C’est pourquoi, je tenais à écrire cet article. Les concours blancs officiels permettent avant tout de se confronter au stress de l’épreuve, à l’ambiance hostile qui règne dans les amphis... Ils aident à mieux gérer votre stress et à affiner votre gestion du temps. Ils ont comme avantage de se dérouler dans la salle d’examen où vous passerez les vrais épreuves et de proposer pour la plupart des dossiers de haute qualité.

Mais, une erreur fréquente est de les considérer comme un objectif en soi. Le classement a une valeur indicative faible. L’ECNi se joue à peu de chose, certains se reposent sur leur classement et tombent de haut le jour du vrai concours, d’autres redoublent de ténacité et atteignent des sommets.
Enfin, j’aimerai insister sur l’inutilité de la multiplication des classements : avec le foisonnement des préparations privées on observe une explosion du nombre de situation où l’on se retrouve avec un numéro à côté de notre nom (numéro très souvent extrêmement démoralisant).

L’important pendant l’externat n’est pas d’être classé mais de progresser à partir de ses erreurs.

Les épreuves blanches sont là pour nous aider à identifier nos lacunes et s’en débarrasser une fois pour toute.


À tous ceux qui n’ont ou n’auront pas le classement qu’ils espèrent à un concours blanc : écoutez ceux qui vous tirent vers le haut et qui vous réchauffent de leurs paroles. Laisser les autres loin derrière sur votre chemin, ils ne sont là que pour vous détourner de votre objectif : votre sommet à vous.

Recevez régulièrement des conseils pour vous préparer aux ECNis

Courage,

Vous êtes parfaits.

Pablo Morales

Relecture : Gabriel Hallali

Travailler à plusieurs, oui ou non ?

Une cordée pour survivre…

 » – Personne n’atteint un sommet tout seul ! »

Le regard sérieux, mon guide de haute montagne nous interpella sur un ton grave. Il s’assit à la table où nous préparions nos sacs à dos et nous parla de tous les dangers de la randonnée que nous allions entreprendre. Crevasses, blocs de glace instables, bourrasques de vent : un glacier est un milieu hostile, un peu comme une année de préparation à un concours. Une fois là-haut, l’arme la plus efficace contre tous ces dangers est la cordée. Une cordée est une solide corde en nylon qui relie les randonneurs l’un à l’autre pendant toute l’ascension. Si l’un des membres de la cordée vient à être piégé par la montagne, sa cordée peut le secourir. Chacun est responsable du morceau de corde qui le relie aux autres : chacun est responsable de la cordée.

Ce n’est qu’à plusieurs que l’on peut atteindre un sommet.

La préparation à l’internat est un chemin difficile et hostile. Certes il n’y a pas de glace, pas de crevasses, le vent ne peut se cogner que contre les vitres épaisses de la bibliothèque. Mais, combien de moments de détresse ? De découragements face à un concours blancs ratés ? De pièges tendus de tous les côtés ?

C’est pour ces raisons que nous pensons qu’il est indispensable de créer sa cordée, son groupe d’ami indissociable, qui restera solidaire tout le long du parcours.

Travail d’équipe !

L’idéal est de trouver des personnes dans sa promo avec un peu près le même niveau et les mêmes objectifs et de former un groupe de deux, trois ou grand maximum quatre personnes. Ce groupe sera votre groupe de sous-khôlles.

Toutefois, si vous n’avez pas la chance de trouver des gens de votre promo qui répondent à ces critères, demandez à une ou deux personnes proches de vous de jouer ce rôle de « camarade de cordée » et de vous accompagner jusqu’à la fin du concours. Cela vous permettra de passer les moments les plus difficile de l’externat.

Et un groupe de sous-khôlle pour ?

C’est bon ? Vous avez trouvé un petit groupe d’amis avec qui travailler. Vous vous êtes engagé à vous soutenir jusqu’au bout… Mais que faire en pratique ?

La première chose à faire est de créer un groupe de discussion commun. Un lieu privé où l’on peut partager ses questions, ses doutes, ses ras-le-bol, ses selfies « craquage »…

Ensuite, si votre groupe de sous-khôlle est motivé pour aller plus loin que le simple soutien psychologique : il est intéressant de prévoir une soirée dans la semaine pour se réunir. Surtout en sixième année où la vie sociale se fait rare et le rythme est intense. Pendant une à deux heures, on peut alors profiter d’une ambiance détendue pour poser ses questions et s’interroger sur son cours. L’idéal et que chacun des membres de la sous-khôlle prépare un item pour interroger les autres dessus. On peut aussi présenter des questions que l’on a inventé ou que l’on a trouvé intéressante… Cette réunion peut alors devenir un moment privilégié d’entraide bienveillante dans la semaine.

Pour s’assurer que le groupe fonctionne bien et reste efficace, il est astucieux de nommer un « responsable » de la sous-khôlle chaque semaine. Tel le premier de cordée en randonnée, il doit donner le rythme et s’assurer que les conversations ne dérivent pas trop.
Même si travailler à plusieurs n’est souvent pas aussi efficace que de travailler seul ; un groupe de sous-khôlle permet d’avoir, une fois par semaine, une bouffée d’oxygène frais, vital.

Merci à tous les randonneurs qui nous suivent et nous envoient des messages de remerciements, cela nous fait chaud au coeur.

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Bon courage à tous pour ce mois de février.
Gabriel Hallali

Spéciale dédicace à ma cordée de D4 : Ivana, Pablo & Thalia.

Comment une pause café peut booster nos performances.

La fatigue me serre les épaules. Courbé sur mon bureau comme sur une table d’opération, j’essaye de disséquer les pages de mon livre. Je tente malgré la fatigue d’’extraire le sens des mots qui défilent devant mes yeux. Il n’est que 17h mais tout se mélange dans ma tête. Il semble que mes tentatives pour me concentrer sont vaines. La petite pause-café que je me suis accordé n’a servi à rien. Tout le monde autour de moi est concentré et puis de toute façon personne ne peut m’aider à réviser mon cours. Je le sais, je suis seul face à moi-même : si je n’arrive pas à respecter mon programme de révision aujourd’hui, je le regretterai.

Il me vient alors cette question : n’y a-t-il pas un moyen de rester concentrer une après-midi entière ? Comment fait-on pour rester efficace dans son travail ? Peut-on faire en sorte que notre cerveau reste attentif et prêt à emmagasiner de nouvelles connaissances tout au long de la journée ?

Cette question, je suis loin d’être le premier à me la poser; depuis les années 2000, les neuro-scientifiques s’interrogent régulièrement sur le sujet. D’ailleurs un des résultats de leurs recherches m’a interpellé : une méta-analyse des données de plusieurs expériences, publiée par des chercheurs de l’université des neurosciences de New-York montrait qu’une activité sportive même brève permettait d’augmenter la concentration et de diminuer le stress. J’ai donc décidé de tester sur moi-même cette conclusion.

Ainsi naquit la “pause-manège”.

D’abord seul, puis rejoint par mon groupe d’amis, nous avons modifié radicalement notre façon de prendre nos pauses : au lieu de rester à discuter devant la BU notre café à la main, nous faisions le tour du bâtiment de la fac. Une fois, deux fois, dix fois de suite… en marchant ou parfois en courant. À notre retour, après cette courte activité physique, nous étions tous d’accord pour dire que les résultats de l’étude n’étaient pas que théorique : nous avions la sensation d’avoir fait une pause bénéfique pour notre cerveau et que notre travail était plus efficace par la suite. La fatigue se dissipait, c’est avec un poids en moins que nous retournions à notre table de travail.

Il me tenait donc à cœur de partager cette astuce avec vous :

profitez de vos pauses pour bouger.

Lorsque vous sentez une baisse de régime, que votre travail semble moins efficace, n’attendez pas ! Marchez, trotinez, faites le tour de votre pâté de maison : cela vous aidera à vous reconcentrer, diminuera votre stress voir, améliorera votre mémoire :

Les sujets testés sur la mémorisation d’une liste de mots avaient de meilleurs performances après un exercice physique d’une durée de 15 minutes (voire figure en Illustration)

Et vous ? Que faites vous durant vos pauses ? N’hésitez pas à commenter cette article ou à défiez vos amis…

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Et Voici la source de l’étude scientifique qui nous a permis de développer cette méthode : 
Basso, J. C., & Suzuki, W. A. (2017). The Effects of Acute Exercise on Mood, Cognition, Neurophysiology, and Neurochemical Pathways: A Review. Brain plasticity (Amsterdam, Netherlands), 2(2), 127-152. doi:10.3233/BPL-160040

Courage, ne lâchez rien !

Gabriel Hallali

Comment continuer à travailler sans motivation ?

Lors de l’ascension de mon premier glacier, après les cinq premières heures de marche et sept cent mètres de dénivelé, je me suis assis sur le bord du chemin. Les pieds abîmés par mes chaussures trop neuve, toute ma motivation s’est envolée à la vue de mes ampoules. Le sommet me paraissait inatteignable et je me demandais comment j’avais pu me retrouver dans une telle situation !

Lors de la préparation d’un concours, nous traversons tous des moments comparables. Une sensation d’épuisement nous envahit et on se met à remettre en question nos objectifs et notre orientation. Il existe un moyen de lutter efficacement contre ces sentiments délétères : les contrats d’Ulysse.

Ulysse lors de son odyssée bien connue s’était mis en tête d’écouter le champ des sirènes. Ce chant si beau que quiconque l’écoute ne peut s’empêcher de rejoindre ces sirènes si douce et si belle et ainsi se faire tuer sournoisement par celle-ci. Ulysse demanda à ses matelots, dont il boucha soigneusement les oreilles, de l’attacher au mât et de l’empêcher d’abandonner le navire quoi qu’il arrive et quoi qu’il dise.

De même, juste avant ma randonnée, mon guide avait pris soin de m’enregistrer. Lorsque je me suis retrouvé assis là sur le bord du chemin, il me montra la vidéo : souriant et déterminé, je pointais du doigt le sommet affirmant que rien ne pourrait m’empêcher d’y arriver. Revoyant cette vidéo, j’ai oublié mes ampoules et je suis reparti malgré la douleur et le découragement. Lorsque l’on s’est engagé à faire quelque chose et que quelqu’un de confiance nous rappelle notre engagement, on se sent responsable et on cherche à l’accomplir coûte que coûte.

D’où notre conseil ce soir : faites vous un “contrat d’Ulysse”.

Mettez par écrit votre objectif et engagez vous à tout donner quoi qu’il arrive pour le respecter.

Ensuite confier le lieu à votre meilleur(e) ami(e) (ou votre mère ça marche aussi…) et demandez lui de vous le ressortir le jour où vous avez envie de tout abandonner. Redécouvrir votre engagement, relire ce texte où vous avez décrit le médecin que vous rêvez depuis toujours de devenir vous redonnera sûrement les forces nécessaires pour donner le meilleur de vous même.

Ne lâchez rien ! La suite vaut vraiment le coup…

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Gabriel Hallali

Comment dormir plus permet de mémoriser plus ?

Entre Scylla le monstre aux 6 têtes et les tourbillons de Charybdis

L’horloge de mon bureau marque 23h00. Aujourd’hui, je n’ai pas fini mon programme. Un coup d’œil sur la liste des chapitres que je devais réviser me donne la nausée : je n’ai même pas respecté la moitié de mes objectifs du jour. Dois-je lutter contre le sommeil ? Ou au contraire, dois-je plonger sous mes couvertures et profiter pleinement de ma nuit ? Ne vais-je pas perdre du temps ? Ne serait-ce pas plus raisonnable de sacrifier quelques heures de sommeil pour rattraper mon retard ?

Ces questions, on se les pose tous : pendant les révisions, à l’approche des partiels, la semaine avant les épreuves de l’internat… La réponse la plus « sensée » lorsque le retard s’accumule est de reporter l’heure douce où l’on rejoint son matelas pour travailler plus. Cela apaise son stress et « déculpabilise”. Pourtant, j’ai décidé de faire confiance à plusieurs études scientifiques sur le sommeil et la mémoire et de toujours privilégier un sommeil régulier et assez long par rapport à une ou deux heures de plus de travail.

En effet, il est très bien démontré que le sommeil a un rôle fondamental pour la mémoire. Afin qu’une longue journée de travail soit efficace il faut une bonne nuit de sommeil.

Regardons ensemble une des figures d’un article paru en 2004 dans la revue Neuron :

L’expérience consiste à apprendre aux participants à reconnaître une série d’images. Il y a deux groupes de sujets (rouge et vert sur la figure).On test les sujets immédiatement après l’apprentissage des images, puis après 10 heures. Le groupe rouge dort avant d’être de nouveau testé alors que le groupe vert non. On observe ainsi une différence significative entre les deux groupes. Alors que les résultats des sujets testés étaient identiques lors du premier test, on découvre que les sujets qui ont dormi ont une amélioration de leurs performances significativement meilleurs que ceux qui sont restés réveillés.

Ces résultats ont été confirmé par une série d’autres études. Des chercheurs ont même essayé de trouver quelle phase du sommeil était responsable de cette amélioration en répétant l’expérience et en privant les dormeurs d’une certaine phase de leur sommeil. Ils ont alors mis en évidence que c’était la phase la plus profonde du sommeil (Le sommeil lent profond) qui jouait un rôle dans l’amélioration de la mémoire. Or, cette phase est prédominante dans la première partie de la nuit (souvenez-vous la figure de l’item 108) :

Alors n’hésitez plus profitez de votre nuit sans culpabiliser : vous retiendrez d’autant mieux ce que vous apprenez !

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Source : Walker MP, Stickgold R. Sleep-dependent learning and memory consolidation. Neuron. 2004 Sep 30;44(1):121–33. Review. PubMed PMID: 15450165.

https://goo.gl/forms/h124IdWLM3Zc2ehk1

Des fiches pour qui ? Des fiches pour quand ? Des fiches comment ?

Des fiches pour qui ?

Allons droit au but. Si vous avez toujours appris en faisant des fiches, ce n’est pas parce-que vous préparez l’ECNi que cela doit changer. Si vous êtes en D4 et que vous n’en n’avez jamais faites, ce n’est pas le moment de s’y mettre.
Et pour les autres alors ?

Si vous ne savez pas si vous devez faire des fiches cet article est fait pour vous.

Nous recevons plusieurs questions d’étudiants qui se demandent s’il faut faire des fiches ou qui regrettent de ne pas en avoir fait jusque là. D’où notre question :

Des fiches pour quand ?

À notre sens, en médecine il y a 4 grandes situations où les fiches sont vraiment utiles :

  1. Les dernières semaines de révisions des examens : à trois jours des partiels, c’est bien pratique pour revoir tous ses items. Idéal en D2 et D3 à la fin d’un trimestre.
  2. Lorsque l’on s’entraîne à faire des cas cliniques : pour retrouver une information lorsqu’une question nous bloque. C’est plus facile de tirer sa fiche plutôt que de sortir son bouquin de 400 pages. Très pratique aussi lorsque l’on fait un tour d’entraînement pour noter ses erreurs par item.
  3. Pendant ses stages et ses gardes : un doute devant un patient, sa fiche en poche et on brille devant son interne ou son chef…
  4. A la fin de D4, lorsque l’ECNi approche et que l’on veut pouvoir réviser tout le programme : réciter une fiche c’est plus rapide que de réciter un collège.

Vient alors naturellement la question :

Des fiches comment ?

Si vous avez l’habitude de faire des fiches rapidement et efficacement, cela vaut le coup de faire ses propres fiches. C’est tout un art de savoir identifier rapidement les points clés d’un item et faire une fiche vraiment efficace.

Si l’on maîtrise mal cette compétence subtil, il vaut mieux réutiliser des fiches. Libre de tout conflit d’intérêt, nous conseillons les fiches codex de S-ECN qui sont les plus exhaustives et les plus récentes. En effet,ce sont quasiment les seules fiches qui permettent de balayer tout l’item dans les détails et donc de répondre vraiment aux QCMs. Oubliez les fiches rédigées par des internes de l’ancien concours,elles ne sont pas adaptées aux nouvelles épreuves.

Pour finir, nous aimerions souligner le fait que le plus important n’est pas du tour la conception de la fiche ou l’édition dans laquelle on se les procure mais son utilisation de la fiche. Une fiche est efficace si on la récite. Cacher le texte de vos fiches et essayez de la réécrire en fonction de ses grandes parties (examen clinique, examen complémentaire… C’est comme cela que vous ferez fonctionner votre mémoire et que vous identifierai vos lacunes.

Le plus important est de réciter ses fiches

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N’oubliez pas vous êtes les meilleurs ! Bonne semaine…

Gabriel & Pablo

Une garde en réa peut changer votre externat.

Je fis ma première garde en soins intensifs le premier jour de ma cinquième année. Ce soir-là, je pris l’ascenseur spéciale qui me menait au service de réanimation avec une impatience puérile. J’allais faire une garde en réa : le service le plus exigeant de l’hôpital. A mon tour, je passerai la nuit auprès des malades les plus graves. Tentant de veiller sur ces vies en équilibre en gardant l’œil ouvert sur leurs paramètres vitaux et en recopiant avec application les résultats de leurs prises de sang sur leur pancarte à l’entrée des chambres.

En réalité, à cette impatience se mêlait une grande appréhension. Je me sentais mal préparé à cette rencontre avec des patients aussi complexes à la porte de la mort. Je n’avais que de maigres connaissances d’étudiants en début de cinquième année. Je m’étais pourtant penché consciencieusement sur mes livres mais sans jamais y découvrir les enseignements dont j’avais besoin. J’avais besoin d’être initié. Quelqu’un devait me transmettre les trucs qu’il faut maîtriser pour passer la nuit dans un tel service.

Quand j’entrais dans l’unité, la jeune chef de clinique me sourit.

« C’est ta première garde en réa c’est cela ? Ne t’inquiète pas, cela va bien se passer. »

Elle répandait la confiance en elle comme une lampe répand la lumière dans une pièce. Cette chef qui devait quelques heures plus tard gérer simultanément trois patients en état de choc souriait tranquillement accoudée sur le chariot remplit de dossiers. Elle me fit asseoir et me dit « ici nous avons des patients très complexes, leurs cœurs, leurs poumons leurs reins, et même parfois leurs cerveaux sont dans un état critique. Cela n’a pas l’air facile. Pourtant, c’est avec des notions simples que l’on peut les sauver.» Elle prit alors une feuille et un stylo et se mit à m’expliquer les principes fondamentaux de la réanimation. Elle chercha à me faire comprendre quelques notions de physiopathologie concernant les états de choc. Mais elle ne m’enseignait pas les états de choc comme on avait pu le faire dans les amphis de la fac elle faisait des états de choc mes amis. Elle ne me parlait pas de SvO2 ni de résistance vasculaire ni de débit cardiaque. Elle me donnait les clés pour comprendre à partir d’éléments logiques et de situations pratiques les états de choc. Elle me fit noter une équation sur mon petit carnet dans la poche de ma blouse. Mais ce n’était plus l’une des équations arides du livre de réanimation : elle prenait sens devenant une arme que je pourrais dégainer au moment critique. Elle me fit entrer dans la chambre d’un patient et me montra comment en trois coups d’œil elle se faisait une idée d’un patient ; m’indiquant quels résultats devaient me rendre méfiant, lesquels au contraire devaient me rassurer. L’item état de choc se transformait peu à peu. Ce n’était plus un bloc de texte stérile dans un épais livre rouge à la couverture anxiogène mais des exemples pratiques, des patients réels, des histoires de malades qu’elle avait rencontrés.

Je compris grâce à cette demi-heure de cours que la médecine ne pouvait s’apprendre que dans les livres, elle se transmettait de bouche de médecin à oreille de médecin. Malheureusement, je suis incapable ici de reproduire en détail le contenu exact de ce cours, je ne peux que partager avec vous deux conseils :

  • Posez un maximum de question à vos chefs et à vos internes. Demandez-leur avant tout comment ils réfléchissent face à un malade. Essayer surtout de leur faire formuler les hypothèses cliniques qu’ils évoquent face à tel ou tel patient, quels paramètres ils regardent en priorité sur la prise de sang… Cela vous permettra d’acquérir beaucoup plus facilement et rapidement le raisonnement clinique face à un patient. Un raisonnement clinique précis fait automatiquement monter les notes de ses DPs.
  • Donnez vie à vos livres. Essayez d’illustrer chaque item avec des cas cliniques concrets que vous avez rencontré en stage, sur SIDES ou dans des livres de cas…
https://armandoh.org/subjects/emergency/

En bonus pour bien comprendre la physiopathologie je vous recommande les vidéos de ce site https://armandoh.org/subjects/emergency/ (en anglais sous-titré) qui m’avaient énormément aidées en quatrième année.

Vous avez connus des chefs ou des internes extraordinairement pédagogues ? Partagez votre histoire dans les commentaires…

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ECNi 2019 : les tendances annoncées par les experts du CNCI

Cet été, un comité d’expert a été formé pour analyser les épreuves des ECNis de 2016. Composé de deux internes de neuvième semestre et six chefs de clinique-assistants (CCA), 18 universitaires expérimentés (PU-PH), dont 4 membres de groupes experts du Conseil national du concours de l’internat (CNCI).

Analyse des questions de l’ECNi 2016

Après analyse des 387 questions, leur première conclusion est que 21% des questions posées en 2016 n’étaient pas pertinentes : les réponses n’étaient pas dans le référentiel ou alors, les connaissances n’étaient pas au programme. Par ailleurs, la moitié des questions ne faisaient appel qu’à des capacités de mémorisation : « du par cœur pur ». Par contre, concernant l’épreuve de LCA, la moitié des questions portaient uniquement sur la compréhension du texte et aucune ne demandait à l’étudiant d’utiliser uniquement sa mémoire.

Par ailleurs, ils ont remarqué que la pertinence des questions étaient significativement plus faibles dans les cinq dernières questions des dossiers comparés aux cinq premières.

Ce groupe d’expert a donc formulé des « pistes pour améliorer les épreuves ». Vu qu’une partie de ces experts font partie du CNCI et que certains sont très investis dans la conception du concours (comme le Pr Vignes), il y a de grandes chances que ces « pistes » soient prises en compte très sérieusement pour la conception des sujets de 2019 et 2020.

Les voici en avant-première : (l’article n’est pas encore publié dans la revue papier)

1. Des dossiers plus courts :

Le texte de loi régissant les ECNis prévoit que les dossiers peuvent être composés de 13 à 15 questions. Vu que les rédacteurs ont beaucoup de mal à écrire 15 questions pertinentes, il y a de grandes chances que les prochains dossiers soient plus courts. Soit des DP de 13 questions ; cela devrait favoriser leur qualité et les rendre plus naturellement progressif.

2. Des vignettes cliniques dans les questions isolées :

La conclusion du comité d’expert est formelle : il faut limiter les questions ne sollicitant que la mémoire des étudiants. Il est donc demandé pour les épreuves futures d’écrire un maximum de questions isolées sous la forme de vignettes cliniques. On avait déjà observé cette tendance en 2018, cela devrait se confirmer cette année avec une majorité de question sous la forme de Mme Y se présente… / M X est admis aux urgences pour…

3. Une place importante pour la physiologie, l’anatomie et la pharmacologie :

Un des objectifs de la réforme en 2016 était d’introduire plus de questions sur les connaissances fondamentales. 2017 et 2018 ont confirmé cette tendance. En 2019, préparez-vous à au moins une question d’anatomie et une question de physiologie par DP.

En espérant que cet article, vous aidera dans vos révisions. Face à un dossier, souvenez vous toujours qu’une partie des questions n’est pas pertinente et ne sera pas sélective. Ne restez pas focalisé dessus et concentrer vous sur les QCMs qui vont vous rapporter des points. En LCA, entraîner vous avant tout à bien comprendre l’article qui vous est proposé.

Courage, on est avec vous.

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Source :

Pr Rivière et Pr Vignes : deux experts du CNCI de Bordeaux très investis dans la conception des épreuves

Rivière E, et al. Analyse docimologique des premières Épreuves classantes nationales informatisées (ECNi) de 2016 : propositions d’amélioration. Rev Med Interne (2018), https://doi.org/10.1016/j.revmed.2018.07.006

On est en Janvier et je n’ai toujours pas fini mon premier tour !…

Le découragement de l’artiste – Henri Fentin Latour

… Et en février non plus j’aurai pas fini ! 
C’est grave docteur ?

Les fêtes sont terminées, et avec elles meurt une de vos résolution principale :

“avoir fini son premier tour avant le début de l’année 2019”

Pour le concours blanc, c’était pas grave, personne n’avait fini de toute façon… Mais voilà que la deuxième semaine de 2019 commence et il vous reste une liste d’items longue comme le bras à finir.

Déjà, les conférenciers commencent à vous taquiner sur un éventuel 2e tour qu’il aurait fallu commencer…
Vous regardez à droite, à gauche, tout vos camarades qui avancent tandis que vous non. Vous, vous calez
La pression monte. L’angoisse avec elle.

Pourtant, PRENNEZ LE TEMPS POUR VOTRE PREMIER TOUR!

C’est le plus important.

Ce serait une bien mauvaise idée que de le bâcler en se disant que vous reverrez tel ou tel chapitre au tour suivant. Il ne faut pas avancer pour avancer et n’aborder qu’en superficie les items. 
Le premier tour sera le seul ou vous verrez véritablement tous les items en profondeur. 
Quoi qu’on en dise.

Lors du 2e vous relirez. Lors du 3e- si 3e il y a– vous survolerez. 
Alors c’est maintenant qu’il faut prendre le temps.

Qu’importe ce que disent les conférenciers, qu’importe ce que fait votre voisin à la BU, qu’importe le petit intello de la promo qui en est à son 25ème tour…
Ce qui compte c’est vous ! Ne laisser pas la pression monter en vous et envahir votre planning de révision : vous en deviendrez CONTRE-PRODUCTIF. Certain(e)s de vos internes sont passés par là et vous le confirmerez si vous leur poser la question.

La D4 est aussi et pour beaucoup une affaire de stress à gérer. 
Ne vous laissez pas bouffer par lui.
Nous n’avançons pas tous à la même vitesse. Et les connaissances ne s’impriment pas aussi durablement dans la mémoire de tout le monde. A chacun sa méthode. A chacun son rythme.

Nous étions à votre place l’an dernier. 
Au final, nous avons tous fait tous les items. 
Certains ont fait 2 tours. D’autres 3. 
Certains ont fini le premier en février, d’autres en mars-avril. Et vous savez quoi ? 
Pour tous et toutes ça c’est bien passé.

Bonne ascension,
Ne lâchez rien, 
N’angoissez pas,
Si vous êtes arrivés jusque là c’est que vous en aviez le potentiel. Et ça n’est pas donné à tout le monde!

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Vous êtes parfaits.

Pablo Morales.

Relecture : Gabriel Hallali

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