Archives par étiquette : Ecni

Comment continuer à travailler sans motivation ?

Lors de l’ascension de mon premier glacier, après les cinq premières heures de marche et sept cent mètres de dénivelé, je me suis assis sur le bord du chemin. Les pieds abîmés par mes chaussures trop neuve, toute ma motivation s’est envolée à la vue de mes ampoules. Le sommet me paraissait inatteignable et je me demandais comment j’avais pu me retrouver dans une telle situation !

Lors de la préparation d’un concours, nous traversons tous des moments comparables. Une sensation d’épuisement nous envahit et on se met à remettre en question nos objectifs et notre orientation. Il existe un moyen de lutter efficacement contre ces sentiments délétères : les contrats d’Ulysse.

Ulysse lors de son odyssée bien connue s’était mis en tête d’écouter le champ des sirènes. Ce chant si beau que quiconque l’écoute ne peut s’empêcher de rejoindre ces sirènes si douce et si belle et ainsi se faire tuer sournoisement par celle-ci. Ulysse demanda à ses matelots, dont il boucha soigneusement les oreilles, de l’attacher au mât et de l’empêcher d’abandonner le navire quoi qu’il arrive et quoi qu’il dise.

De même, juste avant ma randonnée, mon guide avait pris soin de m’enregistrer. Lorsque je me suis retrouvé assis là sur le bord du chemin, il me montra la vidéo : souriant et déterminé, je pointais du doigt le sommet affirmant que rien ne pourrait m’empêcher d’y arriver. Revoyant cette vidéo, j’ai oublié mes ampoules et je suis reparti malgré la douleur et le découragement. Lorsque l’on s’est engagé à faire quelque chose et que quelqu’un de confiance nous rappelle notre engagement, on se sent responsable et on cherche à l’accomplir coûte que coûte.

D’où notre conseil ce soir : faites vous un “contrat d’Ulysse”.

Mettez par écrit votre objectif et engagez vous à tout donner quoi qu’il arrive pour le respecter.

Ensuite confier le lieu à votre meilleur(e) ami(e) (ou votre mère ça marche aussi…) et demandez lui de vous le ressortir le jour où vous avez envie de tout abandonner. Redécouvrir votre engagement, relire ce texte où vous avez décrit le médecin que vous rêvez depuis toujours de devenir vous redonnera sûrement les forces nécessaires pour donner le meilleur de vous même.

Ne lâchez rien ! La suite vaut vraiment le coup…

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Gabriel Hallali

Comment dormir plus permet de mémoriser plus ?

Entre Scylla le monstre aux 6 têtes et les tourbillons de Charybdis

L’horloge de mon bureau marque 23h00. Aujourd’hui, je n’ai pas fini mon programme. Un coup d’œil sur la liste des chapitres que je devais réviser me donne la nausée : je n’ai même pas respecté la moitié de mes objectifs du jour. Dois-je lutter contre le sommeil ? Ou au contraire, dois-je plonger sous mes couvertures et profiter pleinement de ma nuit ? Ne vais-je pas perdre du temps ? Ne serait-ce pas plus raisonnable de sacrifier quelques heures de sommeil pour rattraper mon retard ?

Ces questions, on se les pose tous : pendant les révisions, à l’approche des partiels, la semaine avant les épreuves de l’internat… La réponse la plus « sensée » lorsque le retard s’accumule est de reporter l’heure douce où l’on rejoint son matelas pour travailler plus. Cela apaise son stress et « déculpabilise”. Pourtant, j’ai décidé de faire confiance à plusieurs études scientifiques sur le sommeil et la mémoire et de toujours privilégier un sommeil régulier et assez long par rapport à une ou deux heures de plus de travail.

En effet, il est très bien démontré que le sommeil a un rôle fondamental pour la mémoire. Afin qu’une longue journée de travail soit efficace il faut une bonne nuit de sommeil.

Regardons ensemble une des figures d’un article paru en 2004 dans la revue Neuron :

L’expérience consiste à apprendre aux participants à reconnaître une série d’images. Il y a deux groupes de sujets (rouge et vert sur la figure).On test les sujets immédiatement après l’apprentissage des images, puis après 10 heures. Le groupe rouge dort avant d’être de nouveau testé alors que le groupe vert non. On observe ainsi une différence significative entre les deux groupes. Alors que les résultats des sujets testés étaient identiques lors du premier test, on découvre que les sujets qui ont dormi ont une amélioration de leurs performances significativement meilleurs que ceux qui sont restés réveillés.

Ces résultats ont été confirmé par une série d’autres études. Des chercheurs ont même essayé de trouver quelle phase du sommeil était responsable de cette amélioration en répétant l’expérience et en privant les dormeurs d’une certaine phase de leur sommeil. Ils ont alors mis en évidence que c’était la phase la plus profonde du sommeil (Le sommeil lent profond) qui jouait un rôle dans l’amélioration de la mémoire. Or, cette phase est prédominante dans la première partie de la nuit (souvenez-vous la figure de l’item 108) :

Alors n’hésitez plus profitez de votre nuit sans culpabiliser : vous retiendrez d’autant mieux ce que vous apprenez !

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Source : Walker MP, Stickgold R. Sleep-dependent learning and memory consolidation. Neuron. 2004 Sep 30;44(1):121–33. Review. PubMed PMID: 15450165.

https://goo.gl/forms/h124IdWLM3Zc2ehk1

Des fiches pour qui ? Des fiches pour quand ? Des fiches comment ?

Des fiches pour qui ?

Allons droit au but. Si vous avez toujours appris en faisant des fiches, ce n’est pas parce-que vous préparez l’ECNi que cela doit changer. Si vous êtes en D4 et que vous n’en n’avez jamais faites, ce n’est pas le moment de s’y mettre.
Et pour les autres alors ?

Si vous ne savez pas si vous devez faire des fiches cet article est fait pour vous.

Nous recevons plusieurs questions d’étudiants qui se demandent s’il faut faire des fiches ou qui regrettent de ne pas en avoir fait jusque là. D’où notre question :

Des fiches pour quand ?

À notre sens, en médecine il y a 4 grandes situations où les fiches sont vraiment utiles :

  1. Les dernières semaines de révisions des examens : à trois jours des partiels, c’est bien pratique pour revoir tous ses items. Idéal en D2 et D3 à la fin d’un trimestre.
  2. Lorsque l’on s’entraîne à faire des cas cliniques : pour retrouver une information lorsqu’une question nous bloque. C’est plus facile de tirer sa fiche plutôt que de sortir son bouquin de 400 pages. Très pratique aussi lorsque l’on fait un tour d’entraînement pour noter ses erreurs par item.
  3. Pendant ses stages et ses gardes : un doute devant un patient, sa fiche en poche et on brille devant son interne ou son chef…
  4. A la fin de D4, lorsque l’ECNi approche et que l’on veut pouvoir réviser tout le programme : réciter une fiche c’est plus rapide que de réciter un collège.

Vient alors naturellement la question :

Des fiches comment ?

Si vous avez l’habitude de faire des fiches rapidement et efficacement, cela vaut le coup de faire ses propres fiches. C’est tout un art de savoir identifier rapidement les points clés d’un item et faire une fiche vraiment efficace.

Si l’on maîtrise mal cette compétence subtil, il vaut mieux réutiliser des fiches. Libre de tout conflit d’intérêt, nous conseillons les fiches codex de S-ECN qui sont les plus exhaustives et les plus récentes. En effet,ce sont quasiment les seules fiches qui permettent de balayer tout l’item dans les détails et donc de répondre vraiment aux QCMs. Oubliez les fiches rédigées par des internes de l’ancien concours,elles ne sont pas adaptées aux nouvelles épreuves.

Pour finir, nous aimerions souligner le fait que le plus important n’est pas du tour la conception de la fiche ou l’édition dans laquelle on se les procure mais son utilisation de la fiche. Une fiche est efficace si on la récite. Cacher le texte de vos fiches et essayez de la réécrire en fonction de ses grandes parties (examen clinique, examen complémentaire… C’est comme cela que vous ferez fonctionner votre mémoire et que vous identifierai vos lacunes.

Le plus important est de réciter ses fiches

Recevez régulièrement des mails de conseils pour les ECNis :

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N’oubliez pas vous êtes les meilleurs ! Bonne semaine…

Gabriel & Pablo

Une garde en réa peut changer votre externat.

Je fis ma première garde en soins intensifs le premier jour de ma cinquième année. Ce soir-là, je pris l’ascenseur spéciale qui me menait au service de réanimation avec une impatience puérile. J’allais faire une garde en réa : le service le plus exigeant de l’hôpital. A mon tour, je passerai la nuit auprès des malades les plus graves. Tentant de veiller sur ces vies en équilibre en gardant l’œil ouvert sur leurs paramètres vitaux et en recopiant avec application les résultats de leurs prises de sang sur leur pancarte à l’entrée des chambres.

En réalité, à cette impatience se mêlait une grande appréhension. Je me sentais mal préparé à cette rencontre avec des patients aussi complexes à la porte de la mort. Je n’avais que de maigres connaissances d’étudiants en début de cinquième année. Je m’étais pourtant penché consciencieusement sur mes livres mais sans jamais y découvrir les enseignements dont j’avais besoin. J’avais besoin d’être initié. Quelqu’un devait me transmettre les trucs qu’il faut maîtriser pour passer la nuit dans un tel service.

Quand j’entrais dans l’unité, la jeune chef de clinique me sourit.

« C’est ta première garde en réa c’est cela ? Ne t’inquiète pas, cela va bien se passer. »

Elle répandait la confiance en elle comme une lampe répand la lumière dans une pièce. Cette chef qui devait quelques heures plus tard gérer simultanément trois patients en état de choc souriait tranquillement accoudée sur le chariot remplit de dossiers. Elle me fit asseoir et me dit « ici nous avons des patients très complexes, leurs cœurs, leurs poumons leurs reins, et même parfois leurs cerveaux sont dans un état critique. Cela n’a pas l’air facile. Pourtant, c’est avec des notions simples que l’on peut les sauver.» Elle prit alors une feuille et un stylo et se mit à m’expliquer les principes fondamentaux de la réanimation. Elle chercha à me faire comprendre quelques notions de physiopathologie concernant les états de choc. Mais elle ne m’enseignait pas les états de choc comme on avait pu le faire dans les amphis de la fac elle faisait des états de choc mes amis. Elle ne me parlait pas de SvO2 ni de résistance vasculaire ni de débit cardiaque. Elle me donnait les clés pour comprendre à partir d’éléments logiques et de situations pratiques les états de choc. Elle me fit noter une équation sur mon petit carnet dans la poche de ma blouse. Mais ce n’était plus l’une des équations arides du livre de réanimation : elle prenait sens devenant une arme que je pourrais dégainer au moment critique. Elle me fit entrer dans la chambre d’un patient et me montra comment en trois coups d’œil elle se faisait une idée d’un patient ; m’indiquant quels résultats devaient me rendre méfiant, lesquels au contraire devaient me rassurer. L’item état de choc se transformait peu à peu. Ce n’était plus un bloc de texte stérile dans un épais livre rouge à la couverture anxiogène mais des exemples pratiques, des patients réels, des histoires de malades qu’elle avait rencontrés.

Je compris grâce à cette demi-heure de cours que la médecine ne pouvait s’apprendre que dans les livres, elle se transmettait de bouche de médecin à oreille de médecin. Malheureusement, je suis incapable ici de reproduire en détail le contenu exact de ce cours, je ne peux que partager avec vous deux conseils :

  • Posez un maximum de question à vos chefs et à vos internes. Demandez-leur avant tout comment ils réfléchissent face à un malade. Essayer surtout de leur faire formuler les hypothèses cliniques qu’ils évoquent face à tel ou tel patient, quels paramètres ils regardent en priorité sur la prise de sang… Cela vous permettra d’acquérir beaucoup plus facilement et rapidement le raisonnement clinique face à un patient. Un raisonnement clinique précis fait automatiquement monter les notes de ses DPs.
  • Donnez vie à vos livres. Essayez d’illustrer chaque item avec des cas cliniques concrets que vous avez rencontré en stage, sur SIDES ou dans des livres de cas…
https://armandoh.org/subjects/emergency/

En bonus pour bien comprendre la physiopathologie je vous recommande les vidéos de ce site https://armandoh.org/subjects/emergency/ (en anglais sous-titré) qui m’avaient énormément aidées en quatrième année.

Vous avez connus des chefs ou des internes extraordinairement pédagogues ? Partagez votre histoire dans les commentaires…

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ECNi 2019 : les tendances annoncées par les experts du CNCI

Cet été, un comité d’expert a été formé pour analyser les épreuves des ECNis de 2016. Composé de deux internes de neuvième semestre et six chefs de clinique-assistants (CCA), 18 universitaires expérimentés (PU-PH), dont 4 membres de groupes experts du Conseil national du concours de l’internat (CNCI).

Analyse des questions de l’ECNi 2016

Après analyse des 387 questions, leur première conclusion est que 21% des questions posées en 2016 n’étaient pas pertinentes : les réponses n’étaient pas dans le référentiel ou alors, les connaissances n’étaient pas au programme. Par ailleurs, la moitié des questions ne faisaient appel qu’à des capacités de mémorisation : « du par cœur pur ». Par contre, concernant l’épreuve de LCA, la moitié des questions portaient uniquement sur la compréhension du texte et aucune ne demandait à l’étudiant d’utiliser uniquement sa mémoire.

Par ailleurs, ils ont remarqué que la pertinence des questions étaient significativement plus faibles dans les cinq dernières questions des dossiers comparés aux cinq premières.

Ce groupe d’expert a donc formulé des « pistes pour améliorer les épreuves ». Vu qu’une partie de ces experts font partie du CNCI et que certains sont très investis dans la conception du concours (comme le Pr Vignes), il y a de grandes chances que ces « pistes » soient prises en compte très sérieusement pour la conception des sujets de 2019 et 2020.

Les voici en avant-première : (l’article n’est pas encore publié dans la revue papier)

1. Des dossiers plus courts :

Le texte de loi régissant les ECNis prévoit que les dossiers peuvent être composés de 13 à 15 questions. Vu que les rédacteurs ont beaucoup de mal à écrire 15 questions pertinentes, il y a de grandes chances que les prochains dossiers soient plus courts. Soit des DP de 13 questions ; cela devrait favoriser leur qualité et les rendre plus naturellement progressif.

2. Des vignettes cliniques dans les questions isolées :

La conclusion du comité d’expert est formelle : il faut limiter les questions ne sollicitant que la mémoire des étudiants. Il est donc demandé pour les épreuves futures d’écrire un maximum de questions isolées sous la forme de vignettes cliniques. On avait déjà observé cette tendance en 2018, cela devrait se confirmer cette année avec une majorité de question sous la forme de Mme Y se présente… / M X est admis aux urgences pour…

3. Une place importante pour la physiologie, l’anatomie et la pharmacologie :

Un des objectifs de la réforme en 2016 était d’introduire plus de questions sur les connaissances fondamentales. 2017 et 2018 ont confirmé cette tendance. En 2019, préparez-vous à au moins une question d’anatomie et une question de physiologie par DP.

En espérant que cet article, vous aidera dans vos révisions. Face à un dossier, souvenez vous toujours qu’une partie des questions n’est pas pertinente et ne sera pas sélective. Ne restez pas focalisé dessus et concentrer vous sur les QCMs qui vont vous rapporter des points. En LCA, entraîner vous avant tout à bien comprendre l’article qui vous est proposé.

Courage, on est avec vous.

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Source :

Pr Rivière et Pr Vignes : deux experts du CNCI de Bordeaux très investis dans la conception des épreuves

Rivière E, et al. Analyse docimologique des premières Épreuves classantes nationales informatisées (ECNi) de 2016 : propositions d’amélioration. Rev Med Interne (2018), https://doi.org/10.1016/j.revmed.2018.07.006

Où disparaît notre confiance en soi ? Et comment la retrouver…

À mesure que l’année avance, je reçois de plus en plus de mail d’étudiants qui me font part de leurs doutes. Ils perdent leur confiance en eux. Plus ils travaillent, plus ils trouvent qu’ils sont mauvais, qu’ils n’ont pas le niveau, qu’ils vont rater leur vie… Si vous aussi vous êtes dans cet état d’esprit, sachez que la perte de confiance en soi est un processus normale au cours de la préparation d’un concours. Ce phénomène est nommé : l’effet Dunning-Kruger :

Notre cerveau a une tendance à surestimer nos performances quand nous sommes inexpérimentés et à les sous-estimer à mesure que l’on s’entraîne. Cela est due à un biais cognitif que nous partageons presque tous.

Les étudiants qui obtiennent les moins bons scores sont ceux qui ont prédit qu’ils obtiendraient les scores les plus haut.

Lorsque l’on demande à des étudiants de prédire leurs résultats à un test, presque systématiquement, les étudiants qui obtiennent les moins bons scores sont ceux qui ont prédit qu’ils obtiendraient les scores les plus haut. Plus les étudiants se sont entraînés, plus le biais cognitif s’inverse : leur cerveau a tendance à sous estimer leurs performances.

Ainsi, l’amélioration de ses résultats passe par une perte de confiance en soi. Il serait même bon signe de passer par une phase de doute car elle fait partie du chemin vers l’excellence.

Donc, doutez et surtout continuez à apprendre et vous entraînez sans relâche ! Vous n’en serez que meilleur…

Bonne année et bonne chance !

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Source pour en savoir plus sur l’effet Denning-Krueger : Kruger, J and Dunning, D. “Unskilled and unaware of it: How difficulties in recognizing one’s own incompetence lead to inflated self-assessments.”. Journal of Personality and Social Psychology, 77(6), 1999, pp. 1121–1134.

Plan d’action : trouver la motivation

Quand on prépare les ECNi, on entend en permanence qu’il faut rester motivé. Chaque jour, de l’interne de ton service le matin au conférencier de santé publique le soir, quelqu’un se débrouille pour te glisser un mot sur l’importance de continuer jusqu’au bout et de ne rien lâcher jusqu’aux ECNi. Combativité, pugnacité, persévérance etc… ils n’ont que ça à la bouche et pourtant…

Les Naufragés du Fol Espoir

… Pourtant, en trois ans d’externat, je n’ai pas connu une seule semaine où ma motivation n’a pas été mise à mal. Cela se manifestait par une sensation de na pas avancer et d’avoir la mauvaise méthode de travail. A cela venait se rajouter un sentiment d’inutilité… Face à mon bureau, les moments de solitude et de désespoir ont été nombreux et souvent douloureux. Ainsi, il fallait très régulièrement trouver la motivation de se mettre au travail.

Les premiers temps, la musique « Eye of the Tiger » du film Rocky me donnait suffisamment d’énergie pour tout un après-midi. Mais, comme toute substance addictive, un phénomène de tolérance est apparu et il a fallu changer de méthode.

J’ai alors décidé de tester différentes façon de me motiver à travailler les jours où le moral était au plus bas. Je me suis donc inspiré de théories empiriques de psychologie ou de conseils de mes amis et de ma famille. J’aimerai ici vous partager une méthode pour déclencher une forte motivation à travailler. Testée plusieurs fois avec succès.

Le plan d’action MOTIVATION

Les jours où je ne trouvais ni l’envie ni la force de travailler et cela même après une bonne douche et un petit déjeuner fort en caféine. J’adoptais un plan d’urgence. D’abord, je rangeais ma table de travail et fermais tous les collèges ouverts dessus. Ensuite, il fallait sélectionner un item de mon programme de révision dont je savais qu’il était ni trop long, ni trop difficile. L’important était que :

1) je sois intimement convaincu de pouvoir le terminer en une seule séance de travail.

2) je perçoive cet item comme ayant une forte utilité ; non pas pour le concours mais pour moi.

Je choisissais donc un chapitre dont j’avais la sensation que sa maîtrise détaillée me permettrait d’être un meilleur médecin. Les compétences que je cherchais à acquérir pendant ces séances de travail “forcés”, sans motivation, étaient avant tout destinées à me satisfaire.

Un exemple en pratique :

Je me souviens d’un gros coup de mou le mardi de ma semaine de révision de pneumologie du premier tour qui tombait en plein mois de Décembre. La journée était très mal partie : je tournais distraitement les pages de ce collège, admirant sa belle couverture bleue et lisant ça et là des bouts de phrase. A 10h30, voyant l’inutilité de mon travail et mon manque total de motivation pour me plonger dans des détails obscurs de la sarcoïdose pulmonaire. J’ai donc décidé d’appliquer ma méthode spéciale de motivation. Je suis donc passer à l’item 155 : Tuberculose pulmonaire ! C’était pour moi, l’item dont je me sentais le plus à même de faire efficacement le tour complet en quelques heures et surtout que je percevais comme central pour ma future vie de médecin en région parisienne. J’avais déjà vu des dizaines de patients tuberculeux et je pense en voire encore des centaines d’ici la fin de mon internat… Ainsi, cette technique m’avais permis de “sauver” une journée de travail. Je suis sorti ce jour-là de mon bureau avec le sourire de quelqu’un qui a accompli quelque chose de satisfaisant pour lui-même. Le jour J, c’est la tutu qui est tombée… Bien sûr, cela ne marche pas à tous les coups. Mais, avoir ce plan d’urgence “motivation” en tête permet parfois de sauver sa journée…

Allez, courage 😉

Gabriel Hallali

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Pour ceux qui veulent (et qui ont le temps… !) en savoir plus cette technique motivationnelle a été théorisé par Allan Wigfield et Jacquelyne Eccles en l’an 2000. (Source : Wigfield A, Eccles JS. Expectancy-value theory ofachievement motivation.Contemp Educ Psychol 2000;25:68–81.)

Théorie simplifié de Wigfield et Eccles

Rando-LCA : Qu’est ce qu’un biais d’attrition ?

Le biais d’attrition est une notion importante en LCA qui est difficile à comprendre. Sa définition varie selon les sources et cela entraîne une grande confusion. Nous allons essayé avec cet article de clarifier ce biais en analysant un cas concret. Une fois que la notion est bien comprise, il est plus facile de la retenir et de ne plus être piégé par les questions s’y rapportant.

Avant toute chose, ce biais est présent uniquement dans les études longitudinales. Il implique qu’il y ait eu un suivi des patients au cours du temps.

Imaginez une étude avec 100 patients.

Etude longitudinale comparant deux régimes

Le but de l’étude est de déterminer si un régime à base uniquement de graisse (régime cétogène) peut diminuer le poids des patients. Les patients sont randomisés : 50 reçoivent le régime riche en graisse, les 50 autres reçoivent un régime standard. Au bout de six mois, on veut comparer l’efficacité du régime sur la perte de poids.

Le problème est que sur les 50 patients qui ont reçu le régime riche en graisse, 33 l’ont arrêté car ils ont présenté trop d’effets secondaires et 5 ont été perdus de vue. Les perdus de vue sont systématiquement dans le groupe régime riche en graisse. L’exclusion des sujets ayant arrêté le régime en raison des effets secondaires risque de surestimer l’efficacité de ce régime.

Prenons un exemple chiffré :

Exemple chiffrée de l’effet du biais d’attrition sur la conclusion d’une étude

Il est possible de limiter le biais d’attrition en réduisant au maximum le nombre de perdus de vue et en effectuant une analyse en intention de traiter : tous les patients randomisés sont inclus dans l’analyse des données.

Après cette explication et cette exemple, nous espérons que la définition du glossaire de LCA devient claire :

Un biais d’attrition est une différence systématique entre les groupes de comparaison dans les sorties d’étude ou les exclusions de sujets de l’analyse.

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Tableau résumé à retenir

Gabriel Hallali

Temps de travail, rythme de travail

Je partage ce soir avec vous un article sur une question méthodologique centrale : le temps et le rythme de travail.

On ne gravit pas une montagne sans un bon rythme de marche. Il faut prévoir son temps de parcours à l’avance. Une erreur classique est de sur-estimer sa vitesse d’ascension finale : tout près du sommet, on se sent porter par l’enthousiasme et l’on imagine pouvoir grimper en quelques minutes les cent derniers mètres. Non… On oublie que la pente est de plus en plus raide, que les petits cailloux nous font glisser, qu’il y a moins d’air disponible à cause de l’altitude et finalement là où l’on pensait gagner du temps on en perd.

Il en va de même pour les ECNi. Il ne faut pas surestimer ses capacités de travail sur les derniers mois de préparation mais travailler régulièrement et avancer chaque jour d’un pas égal pour attaquer sereinement la dernière pente vers le jour J. La plupart des conférenciers conseillent de commencer la randonnée dès la D2. J’ai personnellement suivi ce conseil. Je me suis fixé comme objectif de valider mes modules le mieux possible, organisant mon planning d’apprentissage en fonction de la date du partiel. Tous les matins, j’allais en stage puis l’après-midi j’essayais de travailler de 14h00 à 19h00 puis de 20h30 à 22h30 selon le nombre de cours, la fatigue, les gardes, les astreintes, le stresse. Je me réservais aussi une demi-heure de marche ou de vélo dans l’après-midi pour garder la forme. Chaque semaine je m’arrêtai de travailler le vendredi soir et je ne reprenais que le samedi soir ou le dimanche matin où par contre je travaillais toute la journée de 8h00 à 22h30 avec deux courtes interruptions pour les repas et ma douche. J’avais ainsi un week end assez équilibré avec un jour de travail complet et un jour entier pour me consacrer à autre chose : lire, sortir, passer du temps avec ma famille. Ce fût une pause régulière indispensable qui m’a aidé à garder le rythme.

Bien entendu, il y a des jours où l’on ne travaille pas bien, il y a des jours où le stage a été épuisant, où l’on a pas envie… Dans ce cas il faut mieux s’arrêter même si c’est bien souvent plus facile à dire qu’à faire. Il faut aussi prévoir des vacances entre les modules et un mois l’été entre la D2 et la D3 puis deux à trois semaines entre la D3 et la D4 ainsi qu’une quinzaine de jours à répartir pendant la D4.

Dans tous les cas, je ne pense pas que se soit la quantité de travail qui compte réellement mais sa qualité : lorsque je me mettais à travailler, j’avais comme objectif de ne pas me laisser distraire par d’autres activités. Il n’y a rien de plus frustrant de passer plusieurs heures à son bureau ou à la bibliothèque et se rendre compte que l’on a pas avancé à force de répondre à des messages, regarder des vidéos de chat et consulter son fil d’actualité facebook… Lorsque je me mettais à travailler, mon portable était soit dans une pièce différente, soit en mode avion.

Certains pour s’assurer de leur sérieux installe des applications qui les empêchent pendant un temps donné de se connecter à d’autres site que ceux d’une liste pré-établi, d’autres vont jusqu’à se chronométré avec leur téléphone pour suivre leur temps de travail, arrêtant le chronomètre chaque fois qu’il faisait autre chose que leur travail. L’essentiel est de trouver son rythme de travail, sa cadence de marche et d’avancer chaque jour doucement mais sûrement, assurant son ascension.

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Combativité vs esprit de compétition

L’ECNi, examen classant national informatisé n’a d’examen que le nom. En réalité c’est un concours. Tous les étudiants en médecine de France doivent le passer. Le classement a un impact déterminant sur le choix de spécialité, la ville où se déroulera l’internat et indirectement sur les choix de stage tout au long de cet internat. On comprend ainsi pourquoi ce concours génère un tel stress et devient une obsession pour certains étudiants. Toutefois, une des erreurs classiques commises par ceux qui le préparent est de le considérer comme une compétition contre les autres étudiants et non pas comme une compétition contre eux même.

Dans tous les sports de compétition, le mental joue un rôle fondamental ; lors des ECNi aussi. Contrairement à ce que l’on pense, les athlètes de haut niveau au moment de faire leur performance ne pensent pas : “il faut que je batte untel ou untel.” Ce qui les obsède c’est de se battre eux-même, ils veulent dépasser leur meilleur temps, courir plus vite que lors de leur dernier entraînement, sauter plus haut…

Lors de la préparation aux ECNs, on se mesure à soi-même. Le but n’est pas de battre le premier de la promo ou ceux qui sont assis à côté dans l’amphi. La mentalité gagnante est de considérer ce concours comme une occasion de dépasser ses propres limites.

A chaque concours blanc, il faut non pas regarder son classement mais les notes obtenues à chaque dossier progressif et voir où l’on a manqué les points : un dossier d’infarctus où l’on obtient seulement 70% alors que lors des entraînements on a 85%, le sujet de rhumato que l’on pensait cartonner mais où l’on obtient à peine la moyenne… C’est sur eux qu’il faut se concentrer, comprendre où sont les erreurs et travailler pour ne plus les refaire. Devant chaque dossier, il faut se fixer une note cible et la comparer à son résultat. Identifier les endroits où l’on a perdu les points et comprendre. Il est inutile de se comparer aux autres ou de vouloir battre quelqu’un d’autre. Il faut se battre soi-même.

Il en va de même le jour J. Pendant que l’on passe l’épreuve, il faut se dépasser, donner le meilleur, ne pas tomber dans les pièges déjà rencontrés lors des concours blancs, montrer la précision de ses connaissances. C’est comme cela que l’on gagne.

Objectif 80% à tous mes dossiers progressifs

J’aimerai illustrer mon propos avec un témoignage personnel : en début de sixième année, j’avais comme objectif d’arriver dans les cinq cent premiers. J’ai donc analysé les notes des concours 2016 et 2017 et j’ai remarqué que les étudiants ayant un tel classement validait la majorité des dossiers progressifs avec minimum 80% de bonnes réponses et les questions isolées avec au moins 75%. C’est donc devenu mon objectif principal augmenter mes notes aux dossiers. L’été entre la D3 et la D4, j’obtenais entre 60 et 70% des points à presque tous mes dossiers, soit entre 12 et 14/20. Tout le travail de la D4 a eu pour objectif d’augmenter cette note pour avoir au minimum 80% soit 16/20 aux dossiers progressifs. Lors de chaque entraînement (concours blanc, SIDES), je revenais sur les dossiers où je n’avais pas obtenu cette note et j’essayai de comprendre pourquoi pour que cela n’arrive plus. Le jour J, j’ai tout fait pour réussir cet objectif et j’ai eu le classement que j’attendais.

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