Covid 19, qu’est-ce qu’on attend ?

Foto generica, pronto soccorso

J’ai entendu parler du coronavirus pour la première fois à la radio fin décembre. En deux phrases dans le flash actualité de l’émission La méthode scientifique sur France Culture, on signalait l’apparition de cas de pneumonie atypique dans une ville de Chine. L’information m’a interpellé car cela ressemblait au début de l’épidémie de MERS coronavirus qui a frappé le monde il y a quelques années et dont les professeurs d’infectiologie aiment nous citer comme un exemple de pandémie moderne qui démontre le statut incontournable de leur spécialité. J’avoue que j’ai ensuite complètement sous-estimé le phénomène. Je pensais que les médias en faisaient trop et que la Chine avait pris les mesures nécessaires pour stopper l’épidémie. Quelques milliers de cas sur 1 milliards d’habitant ce n’est pas beaucoup.

Ce n’est que depuis une semaine en visionant un documentaire sur Arte qui montre des images non censurés du pays complètement à l’arrêt que j’ai compris la gravité de la situation. L’explosion du nombre de cas en Italie et en France a fini de démontrer que je m’étais tromper et qu’on ne faisait pas face à un banal virus de plus. 

Je me suis alors penché sur les chiffres publiés dans les différents articles scientifiques qui traitent du virus ainsi que sur les témoignages des médecins italiens qui font face actuellement à l’épidémie. La situation est angoissante. Depuis quinze jours les médias s’amusent avec leurs fils d’informations en continus à annoncer heure par heure le nombre de cas confirmés en France et répéter à tous les vents les mesures extraordinaires que notre gouvernement prend. On lit des articles qui critiquent la décision de certains pays de fermer leurs frontières et on nous explique qu’il ne faut pas paniquer. Si on tousse dans notre coude et qu’on se lave bien les mains tout ira bien.

Nul part une analyse de fond a été faite. Pourtant, les modélisations des scientifiques depuis le 28 février démontrent qu’il est impossible de contrôler l’épidémie uniquement par le diagnostic des cas suspects et l’identification des patients en contact avec le cas. (cluster de transmission) (Soit la stratégie en place à l’heure actuelle : stade 2 de l’épidémie).

Je publierai dans la semaine un article qui entrera dans les détails épidémiologiques et statistiques avec les sources scientifiques à l’appui. En substance, on fait face à un virus avec un taux de reproduction plus élevé que celui de la grippe. Il est situé entre 2.5 et 3. (Un patient infecte deux à trois personnes avant d’être diagnostiqué). Le taux de mortalité se situe selon le rapport de l’OMS du 6 mars autour de 4%. (le taux de mortalité de la grippe se situe autour de 0.5% lors des grippes saisonnières.) On est donc face à une épidémie qui se répand plus vite et qui est grave dans un plus grand nombre de cas que celui de la grippe. La modélisation exacte de l’infection est complexe. Il est difficile de se faire une idée précise de comment elle se répandra dans la population, si le taux de mortalité que l’on lit dans ce rapport est exact et n’est pas surestimé. Si le taux d’attaque sera de 25 ou 30%… Peu importe.

Mon sujet ce soir n’est pas la modélisation épidémiologique exacte de cette infection mais l’interrogation face à l’inaction du gouvernement. Une épidémie est en cours dans notre pays. Or notre système de santé est en crise. L’hôpital est en grève depuis le mois de Décembre. On dénonce l’épuisement et le manque de personnel ainsi que le manque de moyen depuis plusieurs mois. Nos hôpitaux ont connu une nouvelle vague de suicide d’interne la semaine dernière dans l’indifférence la plus totale.

J’ai en tête le service des urgences de mon hôpital l’hiver 2017-2018. L’épidémie de grippe avait été plus longue que d’habitude. Au cours de cet hiver on avait comptabilisé 75 467 passages aux urgences en France pour grippe dont 9 738 hospitalisations. Les services étaient complètement débordés. Les lits d’hospitalisations étaient pleins. Des patients attendaient des heures sur un brancard avant de pouvoir être transférés dans un service. Les services de gériatrie étaient saturés avec la nécessité de dédier des secteurs entiers pour la prise en charge des patients atteints de la grippe. Le plan blanc avait été déclenché le 12 janvier. 

Image result for urgences saturéesIci, le virus qui se développe actuellement est plus sévère que la grippe tant par sa capacité à se transmettre que par son taux de mortalité. Lors d’une infection grippale, ce n’est pas le virus qui tue dans la grande majorité des cas. Les patients âgés meurent à cause d’une surinfection pulmonaire bactérienne qui se développe plus facilement chez une personne dont les barrières immunitaires ont été altérés par le virus. Le Covid 19 attaque directement les poumons. Il détruit les alvéoles et déclenche un syndrome de détresse respiratoire aigue. (SDRA)

Le SDRA se traite dans la majorité des cas en réanimation. Les patients sévères nécessitent une ventilation artificielle voire la pause d’un poumon artificielle type ECMO si leur état général le permet et que l’appareil est disponible.

On lit partout que se sont les patients les plus âgés avec des comorbidités qui sont atteints. Toutefois, on connait encore mal le virus et des cas de patients d’âge moyen sont rapportés. La grande majorité des patients que l’on voit à l’hôpital prennent au moins un médicament chaque jour : sont-ils comptabilisé comme des patients avec comorbidités ? Je rappelle qu’un patient de 70 ans qui prend un médicament pour la tension, c’est un patient âgé avec des comorbidités selon l’OMS. Je ne suis pas sur que cela correspond à l’idée que l’on se fait d’un patient âgé dans notre pays où l’on compte plus de 20000 centenaires.

D’où cette article ce soir d’alarme. Qu’est ce que l’on attend ? 

Qu’est ce que l’on attend pour prendre des mesures beaucoup plus drastiques de confinement de la population ? 
Qu’est ce que l’on attend pour déprogrammer toutes les interventions non urgentes à l’hôpital et se préparer à l’épidémie grave qui frappe à notre porte ?

Nos services de réanimation ne sont pas prêt à un afflux massif de malades. Même si on arrive à absorber les patients atteints du coronavirus, comment allons nous assurer les soins courants. Déjà, le SAMU fait appel à des étudiants hospitaliers pour faire la régulation téléphonique. Dans une épidémie il faut pouvoir gérer les patients infectés par le nouvel agent pathogène mais aussi tous les autres qui se présentent comme chaque jour avec les pathologies du quotidien (infarctus du myocarde, AVC, infection urinaire…) Des services d’urgences saturés ont du mal à les prendre en charge. C’est une perte de chance pour un grand nombre de malade. 

L’épidémie va avoir un impact fort sur l’économie mondiale. Réorganiser l’hôpital et mettre en place des plans d’urgence coûte cher. Une vie humaine encore plus. 

 

Bibliographie :

https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(20)30074-7/fulltext#fig4

https://www.ajronline.org/doi/full/10.2214/AJR.20.22954

Testimony of a Surgeon working in Bergamo, the heart of the Coronavirus outbreak in Italy.
byu/Satori_52 inChina_Flu

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/grippe/grippe-la-polemique-entre-l-interne-en-medecine-marisol-touraine-et-martin-hirsch-en-quatre-actes_2025936.html

https://bmcinfectdis.biomedcentral.com/articles/10.1186/1471-2334-14-480#ref-CR101

https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3524675

C’est fonctionnel ou organique ?

C’est une belle journée, tu es bien, tout est paisible.

Quand soudain… ?

Une insuffisance rénale aigue apparaît!

Tu restes calme, tu élimines l’OAP, tu vérifies qu’il n’y ait pas d’hyperkaliémie, l’ECG est rassurant, ton écho est de qualité et ne montre pas de dilatation des cavités pyélocalicielles. Tout baigne.

Quand soudain…arrive la fameuse question :

« C’est fonctionnel ou organique ? »


Tu te souviens de tes cours : « a oui, il y a un tableau qui me permet de faire la différence »
Le tableau en question :

(College de néphrologie)


Tu vomis.🤮

Et bien on va faire plus simple. Plus rapide.


Prenons la formule :
Si c’est fonctionnel,


Urée (mmol)/créat(mmol) >100
<=>(urée/créat)x créat> 100x créat
<=>urée >100 créat


Hors sur tes résultats du labo l’urée s’exprime en umol et la créat en mmol. donc ça nous donne
Urée (umol)x 1000> 100x créat (mmol)
<=>(urée (umol) x1000 )/100>(100x(créat(mmol))/100


<=>urée (umol) x10> créat



Donc en gros si tu veux pas te prendre la tête, tu prends tes résultats de labo et tu fais :


Urée x10 > créat = IRA fonctionnelle
(rappelles toi que quand tu es en IRA fonctionnelle tu es déshydraté, donc tes urines sont très concentrées en urée).


Ca ne t’autorise pas à ne pas apprendre ce foutu tableau. Surtout que des questions peuvent tomber. Mais si t’es aux urgences et que tu ne veux pas te prendre la tête, ou que le QCM c’est juste savoir si c’est organique ou fonctionnel ça peut te servir et te faire gagner du temps.



Courage
Vous êtes parfaits


Rando ECNi.

Comment s’habiller face à un patient atteint du coronavirus ?

tenue intubLes patients atteints du coronavirus arrivent petit à petit dans les services. Le collège des enseignants en réanimation et médecine intensive demande à tous les internes de porter un masque chirurgical quelque soit leur activité pour éviter d’être infecté.

Il est aussi important d’apprendre à s’habiller sans se contaminer afin de se protéger lors des soins. Ces consignes s’appliquent à l’ensemble du personnel. Il faut éviter au maximum la contamination du personnel. Une des raisons pour laquelle l’Italie est en difficulté aujourd’hui est qu’une partie du personnel soignant a été contaminé dès le début de l’infection.

Une vidéo du SPILF est disponible :

Points clés :

  • Transmission goutelettes / air (lors de l’intubation)
  • Transmissions par les selles / urines
  • Transmissions contact

 

Avant d’entrer dans la chambre du patient covid confirmé ou possible

  1. Couvrir les cheveux d’une coiffe;
  2. Placer l’appareil de protection respiratoire (masque FFP2);
  3. Vérifier son étanchéité par un test d’ajustement (fit-check);
  4. Entrer dans la chambre;
  5. Enfiler une surblouse à usage unique;
  6. Porter un tablier plastique à usage unique en cas de soins à risquemouillant;
  7. Mettre systématiquement des lunettes de protection ;
  8. Réaliser un geste d’hygiène des mains par friction avec une solution hydro-alcoolique;

Enfiler des gants non stériles à usage uniques   Procédure de sortie de la chambre du patient «cas possible»

Dans la chambre :

  1. Enlever les gants;
  2. Enlever la surblouse;
  3. Se frictionner les mains avec un soluté hydro-alcoolique;

Après être sorti de la chambre :

Retirer l’appareil de protection respiratoire (masqueFFP2), la coiffe et les lunettes en dehors de l’atmosphère contaminée (la chambre ou le box)

Se frictionner les mains avec un soluté hydro-alcoolique.

Consignes spécifiques :

Vérifier l’étanchéité du masque avant d’entrer dans la chambre à l’aide d’un miroir ou d’un collègue.

Pour les hommes à barbe : SE RASER pour que les masques soient étanches. 

ATTENTION :

Le filtre du masque FFP2 se remplit rapidement de particule viral : il ne faut pas le toucher une fois sur le nez. Dans l’absolu il faudrait le jeter entre chaque chambre mais le stock étant déjà sous tension, il est conseillé de le garder lors des visites de plusieurs patients à la suite.

Un conseil : mettez le masque par dessus la Charlotte afin d’éviter de contaminer ses cheveux au moment où on l’enlève.

L’hôpital n’ayant pas fait de formation jusque-là j’espère qu’un maximum d’internes et d’externes pourront être informé. 

Espérons que dans 2 semaines notre tenue ne ressemble pas à ça :

tenuerate

Théorie, Pratique et…

Entre les collèges et la visite professorale, entre la BU et le couloir de votre service, beaucoup d’entre vous naviguent sur les eaux de l’externat avec la désagréable impression d’avoir une vie double et décousue.

Comme vous l’avez si bien résumé à votre famille à l’occasion des fêtes de fin d’année « mais non mamie, en fait, le matin je suis à l’hôpital et ensuite je vais travailler mes cours ».

La pratique vs la théorie.

Cohérent.

En tout cas sur le papier…

Car il manque une composante:

La technique.

La théorie c’est ce qu’on apprend dans les livres.

La pratique c’est savoir reconnaître que le malade présente le symptôme de la pages 4 qui s’inscrit dans tel tableau clinique devant entraîner telles explorations et tels traitement.

La technique, c’est comment qu’on fait !

Exemple:

Vous êtes aux urgences, vous avez brillamment posé le diagnostic d’exacerbation de BPCO et posé l’indication de l’aerosols. Mais comment on les mets ? C’est quel masque ? Il se met sur combien l’oxygène ?…
Pour tel patient je sais que je vais mettre la VNI, mais je règle quoi sur le respirateur, à mince c’est pas noté dans le collège…

(source:Wikipedia)

Le TDR il faut faire comment ?
Combien de tubes pour la PL?
Les gestes infirmiers de base…

Je vois venir certains d’entre vous : »ça n’est pas au programme »

Non. Mais ça peut vous sauver la vie si vous vous retrouvez seul.
Un médecin brillant mais qui ne sait pas mettre en œuvre ses thérapeutique est au mieux dépendant au pire inutile.

Et croyez mois nombreux sont les internes qui le découvre après avoir passé le concours, quand ce sont eux qui sont en charge des malades.

Qu’est ce qu’un bon stage ?

  • De bons horaires,
  • Des chefs présents pour nous encadrer,
  • Des cours de qualité,
  • Peu de paperasse
  • Des pathologies intéressantes, dans les clous de l’ECN
  • Des gestes à faire.

Mais aussi, un stage qui vous aura appris comment on fait dans la vraie vie.

Les infirmières vous aideront énormément dans le domaine de la technique et seront ravies de vous l’enseigner et de voir que vous vous intéressez aussi à ce qu’elles font et comment elles le font.

Courage,
Ne lâchez rien,
Vous êtes parfaits
Et bonne année !

Rando-ECNI.

Rando-LCA : Résultat d’une étude scientifique ; comment interpréter un intervalle de confiance à 95% ?

Bien souvent, lorsque les résultats d’un essai clinique sont présentés par des journalistes au grand public, on peut lire ou entendre : « tel médicament réduit de 30% le risque d’infarctus chez les patients qui le prennent » « le risque de développer un cancer du poumon est 20 fois plus important chez les patients fumeurs que chez les patients non-fumeur.

Pourtant, lorsque l’on s’intéresse aux résultats d’une étude scientifique, on se rend compte que les résultats sont toujours accompagnés d’un intervalle de confiance à 95%.

File:Confidence Interval 90P.pngPour bien comprendre de quoi on parle, prenons comme exemple les résultats de l’étude ACEND parue en octobre 2018 dans le New England Journal of Medecine. Cette grande étude randomisée contre placebo portant sur plus de 15000 patients cherchaient à évaluer la balance bénéfice risque de la prise d’aspirine à petites doses chez les patients diabétiques de plus de 45 ans n’ayant jamais eu d’évènements cardiovasculaires (infarctus, AVC…).

On peut lire dans le paragraphe des résultats :

A total of 15,480 participants underwent randomization. During a mean follow-up of 7.4 years, serious vascular events occurred in a significantly lower percentage of participants in the aspirin group than in the placebo group (658 participants [8.5%] vs. 743 [9.6%]; rate ratio, 0.88; 95% confidence interval [CI], 0.79 to 0.97; P=0.01)

Que signifie cette intervalle de confiance à 95% ?

Une interprétation simple est largement répandue : l’intervalle de confiance à 95% correspond à l’intervalle à l’intérieur duquel on est sûr à 95% que le résultat réel de ce qu’on a mesuré se situe. Dans notre exemple, cette définition nous permettrait de dire : On est certain à 95% que l’effet protecteur de l’aspirine sur la réduction des accidents cardiovasculaires est située entre 0.79 et 0.97. Soit une réduction du risque cardiovasculaire comprise entre 21% et 3%.

Pourtant, la véritable interprétation de cette intervalle de confiance est un peu plus complexe. La définition strice de cet intervalle de confiance est : si on répète l’expérience que l’on vient d’effectuer un grand nombre de fois et que l’on mesure un intervalle de confiance à 95% à chaque fois, alors 95% de ces intervalles de confiance contiendraient la valeur réelle de ce que l’on veut mesurer. Dans notre exemple, cela voudrait dire que si on répète cette étude des milliers de fois et que l’on calculait à chaque fois l’intervalle de confiance du résultat obtenu, celui-ci se situerait entre 0.79 et 0.97 dans 95% des études. 

Cette définition plus précise et juste d’un point de vue statistique permet de comprendre pourquoi cette intervalle de confiance est d’autant plus petit que le nombre de sujets participant à une étude est grand. Cela permet aussi de saisir pourquoi on peut parler de résultat significatif si l’intervalle de confiance à 95% exclut la valeur nulle (c’est à dire un risque relatif à 1 ou une différence entre deux interventions de 0).

 

Bon courage pour la dernière semaine de l’année 2019…

Source : Higgins JPT, Green S (editors). Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions Version 5.1.0 [updated March 2011]. The Cochrane Collaboration, 2011. Available from www.handbook.cochrane.org. 

 

Rando-Urgences – Un appel urgent du service d’hépatologie. (Item 350)

dextrose hanging on stainless steel IV stand

Jeune interne des hôpitaux, une journée épuisante s’achève dans votre service. Mais avant de pouvoir rentrer chez vous et profiter d’un sommeil bien mérité, il faut assurer votre garde de nuit aux urgences. Dès 18H30, quelque soit votre spécialité, vous devez gérer toutes les urgences de l’hôpital…
D’ailleurs votre téléphone de garde à peine en main vous recevez un appel panique.
iqué de l’infirmière du service d’hépato-gastro-entérologie. Un des patients s’est mis à vomir du sang. Aucun médecin du service ne répond… On vous attend de toute urgence chambre 426 au quatrième étage.

Dans l’ascenseur, vous vous remettez en mémoire les 3 signes cliniques d’hypertension portale que vous récitez dans votre tête… (réponse dans la suite du texte…)

Arrivé(e) dans la chambre, vous découvrez un patient de 60 ans assis sur son lit. Il a déjà rempli un haricot de sang (100mL). L’infirmière vient de réussir à poser une voie veineuse.

Quels informations pertinentes devez-vous recherchez lors de votre examen clinique ?

Quel bilan biologique demandez-vous en urgence ?

person on chair donating blood

Votre examen clinique rapide vous apprend que le patient a une saturation à 92%, une fréquence cardiaque à 55, une tension artérielle de 125/55. Le patient présente une circulation veineuse collatérale abdominale et une splénomégalie. Une échographie présente dans le dossier décrit un foie volumineux avec atrophie du segment IV et hypertrophie du segment I. Le traitement du patient comprend entre autre du propanolol (160mg/j).

Le premier diagnostic que vous envisagez est donc une hémorragie digestive haute sur rupture de varice œsophagienne. (Signes cliniques d’hypertension portale + traitement prophylactite de rupture de varice par peopanolol…)

L’hémocue revient à 9g/dl.

Devez-vous mettre en place une transfusion ? Quel médicament administrez-vous en urgence ?

L’infirmière parvient à poser une deuxième voie veineuse qui permet d’administrer de la terlipressine par voie IV. Vous organisez le transfert du patient en soin intensif.

Deux heures plus tard, vous prenez des nouvelles du patient, l’ensemble du bilan biologique a été techniqué ( ionogramme, urée, créatinine, Groupe sanguin, recherche d’agglutinines irrégulières, TP et bilan hépatique). Le malade est stabilisé, il a reçu de l’érythromycine sur 30 min et va bénéficier d’une endoscopie pour ligature des varices œsophagiennes responsables du saignement. Son hémoglobine étant à 8g/dL et son hématocrite à 28% aucune transfusion n’a été effectué. Une antibioprophylaxie par C3G a été débuté pour 5 jours.

Après ce pic d’adrénaline, votre garde se poursuit dans le calme…

A retenir : Objectif de pression artérielle moyenne 65mmHg / Transfusion si Hb < 7g/dl et/ou hématocrite < 25%. Objectifs transfusionnels : hémoglobine entre 7 et 8 g/dl et hématocrite entre 25 et 30%. La terlipressine ou l’ocréotide doivent être administrés le plus précocément possible pour augmenter les chances de survie du patient.

L’astuce à adopter afin travailler des heures sans se fatiguer.

brown book on L-shape ruler beside penPendant l’externat, on passe du temps assis à son bureau. Beaucoup de temps. Beaucoup trop de temps… Il est donc primordial d’avoir un espace de travail parfaitement adapté. Un bureau avec un mauvais design peut faire chuter vos performances de manière exponentielle. Mais justement quelles sontles détails qui font qu’un bureau ait le bon design ? 

Pour répondre à cette question, on peut se plonger dans les milliers de pages des différentes théories des meilleures designers du XXème siècle. De Ray et Charles Eames à Joseph Breuer en passant par Jean Prouvé, chacun est allé de sa description de la chaise ou du bureau qui répond le mieux aux besoins des hommes modernes.

Ce que ces théories omettent souvent de dire c’est que tous les bases du design moderne reposent sur une étude menée juste après la seconde guerre mondiale sur des milliers d’individus par un ophtalmologue américain. Celui-ci cherchait à déterminer la meilleure distance de travail pour l’œil humain. Sa conclusion est simple : la meilleure distance correspond à la longueurqui sépare sur un bras plier à 90° la première phalange de l’index et le coude d’un individu. Cela correspond à en moyenne 40 cms chez l’adulte et 35 cms chez l’enfant. (Distance que l’on utilise toujours pour tester l’acuité visuelle de près avec l’échelle de Parinaud.) 

Il est donc facile de vérifier si votre bureau permet à votre oeil de respecter cette distance de travail. Si assis confortablement devant votre table de travail, vous pouvez posez votre tête dans le creux de votre main et vous appuyer sur votre bras replié, c’est que votre bureau a les bonnes dimensions.

N’hésitez pas à faire les ajustements nécessaires pour corriger votre espace de travail. Vos yeux seront reconnaissant et vous permettront de travailler mieux et plus longtemps.

Courage et persévérance…

Petit pas par petit pas avec les bonnes chaussures on arrive toujours au sommet

empty black plastic tub chair

Gabriel Hallali

 

Rando-LCA : Critères de jugement principal / Critères de jugement composite. Ce qu’il faut savoir pour comprendre les résultats d’une étude scientifique

Aspirine en prévention primaire ?

Nous continuons notre randonnée dans les différentes notions de LCA. Le but est de parcourir différents articles sur le même sujet afin de répondre à une question clinique fréquente tout en apprenant à répondre à l’épreuve de LCA.

Nous allons nous plonger dans l’étude HOT. L’étude HOT est une étude clinique impressionnante portant sur le contrôle de la pression artérielle.

18790 patients dans 26 pays ont été inclus. Parmi eux 9399 ont reçu de l’aspirine à petite dose et 9391 ont reçu un placebo en parallèle du traitement de leur hypertension.

Le but était d’évaluer l’efficacité de l’aspirine chez les patients hypertendus en prévention cardiovasculaire primaire.

Afin de juger de l’efficacité du traitement les chercheurs ont défini le critère de jugement principal de l’étude comme suit :

« Major cardiovascular events were defined as all (fatal and non-
fatal) myocardial infarctions, all (fatal and non-fatal) strokes, and
all other cardiovascular deaths. Silent myocardial infarctions were
documented by taking an electrocardiogram (ECG) at
randomisation and at the final visit.
A classification of all reported events was made by the
Independent Clinical Event Committee based on all available
information (hospital records, physician’s records, death
certificates, and necropsy reports). All events were classified
without any knowledge of the actual medication or the treatment
group to which the patients had been assigned. The approval rate
of reported events by this committee was 76%. »

Ce critère de jugement principal est particulier : il s’agit d’un critère de jugement composite. 

Dans la plupart des études on choisit un critère de jugement unique. Par exemple : le proportion de patient ayant un nouvel infarctus 6 mois après le début d’un traitement 

Ici, le critère est composite. C’est une association de critères de jugement.

Les questions qu’il faut se poser devant un critère de jugement composite :

– si un patient répond plusieurs fois au critère de jugement, combien de fois est -il compté ?

– est ce que les différents critères de jugement sont de même nature ?

– quel est l’intérêt des auteurs à choisir un critère composite plutôt qu’un critère unique ?

– quels sont les limites d’un critère de jugement composite ?


 

Pour que la méthodologie soit correcte, un patient ne doit compter qu’une seule fois. Ici : un patient qui aurait fait un infarctus, et serait décédé quelques années plus tard d’un AVC n’a compté qu’une seule fois au moment de l’analyse final.

De plus, les critères de jugement doivent être de même nature. Ici les choix sont judicieux, on regarde des évènements cardiovasculaires dont l’aspirine est censé prévenir la récidive lorsqu’elle est prescrite en prévention secondaire. 

Les avantages des critères de jugement composites sont :

  • un nombre de sujet à inclure moins important. 
  • une bonne estimation de la balance bénéfice risque d’un traitement. 

Les limite d’un critères de jugement composites sont :

  • le critère composite doit être interprété en une seule fois.  La conclusion de l’étude ne peut se faire que sur le critère de jugement pris dans son ensemble. Il n’est pas possible de présenter les résultats sur un seul sous-groupe.
  • le calcul du nombre de sujet nécessaire doit être fait a priori en se basant sur l’incidence cumulée de tous les évènements cliniques faisant partie du critère composite.

Vous savez tout désormais, relisez cette article dans 1 mois et vous saurez rémultiplepondre à tous les QCMs le jour J. 

Source : 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9635947

Collège des enseignants en LCA.

Découvrez cette astuce pour ne plus vous sentir inefficace dans votre travail. Comment utiliser le biais mentale de la barre de progression ?

closeup photo of street go and stop signage displaying stop

Avez-vous déjà dû attendre un bus sans savoir à quelle heure il passerait exactement ? Vous êtes-vous déjà retrouvé sur une route à marcher sans savoir le temps qu’il vous sera nécessaire pour atteindre votre destination ? Le fait de ne pas sentir que l’on avance effectivement ou que l’on n’attend pas pour rien est une véritable torture psychologique.

Les concepteurs de logiciels pour ordinateurs le savent bien. Lorsqu’ils doivent faire attendre un utilisateur, ils affichent une barre de progression pour le rassurer. Le fait de voir que quelque chose se passe permet de l’apaiser : ça avance !

 

En effet, une barre de progression apaise et donne l’impression qu’il se passe quelque chose. On supporte beaucoup mieux d’attendre devant notre écran lorsque l’on voit une belle barre de progression qui se remplit petit à petit.

 

Une chose intéressante à remarquer est que la plupart du temps elle ne reflète pas vraiment le temps qu’il reste à attendre mais elle est paramétrée pour avancer à une vitesse donnée !

Très lente au début, la barre de progression accélère à la fin du chargement. Cela donne la sensation que l’attente a été moins longue que prévu et rend l’utilisateur content et satisfait. On en a tous fait l’expérience : un téléchargement commence tout doucement et annonce un temps d’attente d’une heure puis, tout s’accélère, et le téléchargement se termine en quelques minutes. On se sent tout heureux comme si l’on n’avait pas patienté du tout. Bien plus que si l’on nous avait annoncé dès le début le temps d’attente réel de quelques minutes. C’est une sorte de biais psychologique.

Props GIF

Et ce biais peut vous servir pendant vos révisions !

 

Lorsque vous devez organiser une journée de révision, l’astuce est de commencer par des tâches longues et difficiles et de finir par des tâches courtes et faciles.

Par exemple, une bonne stratégie est de débuter sa plage horaire de travail par des items fastidieux et de finir par des items courts ou des séries de questions isolées. Ainsi, il faudra mieux commencer par apprendre les différents stades de la néphropathie diabétique ou réviser la stratégie diagnostique de la polyarthrite rhumatoïde. Puis, en récompense, terminer par une série de petites activités faciles qui prennent moins d’une demi-heure (questions isolées, dossiers progressifs…).

De la sorte, la première partie de l’après-midi vous donnera l’impression de ne pas beaucoup avancer dans votre programme mais comme la fin de journée sera facile et que vous accomplirez une multitude de petites tâches, vous éprouverez le soir une grande satisfaction. Le biais psychologique de la barre de progression vous donnera la sensation d’avoir été rapide et efficace. Donc le moral restera bon et vous permettra d’attaquer une nouvelle journée de révisions sereinement.

Finis la sensation d’être inefficace !

two man carrying backpacks during daytime

 

Courage et persévérance.

Comment devient-on SIDESOLOGUE ?

SICapture d’écran 2019-10-13 à 17.44.10DESOLOGUE (du grec ancien, πλευρές, SIDES  / λόγος, lógos : étude) : Spécialiste de la réponse aux dossiers progressifs et questions isolées présents sur la plateforme SIDES.

Apparu en 2015, cette profession connait un succès sans précédent parmi les étudiants en médecine de toute la France.

En tant que spécialiste de SIDES, la mission principale du sidesologue est de se connecter chaque jour à partir du portail de son université sur la plateforme SIDES. Son travail consiste à explorer sans relâche les bases de données de QCMs à sa disposition et de donner son avis sur les questions qui lui sont soumis. Il devient ainsi un expert dans l’identification des items exacts des QCMs relatifs aux différentes sous-spécialités médicales proposées sur le site internet. Un sidesologue est capable de repérer en un coup d’œil les leures qui se glissent dans les QCMs, les phrases à double négation et autres pièges en tout genre des rédacteurs vicieux des dossiers.

L’autre occupation principale est de commenter la qualité des questions et de critiquer les corrections des QCMs. D’ailleurs, certains sidesologues discutent régulièrement entre eux sur les réseaux sociaux et recensent les meilleurs commentaires trouvés sur la plateforme. (exemple :  Neurchi de Sides)

Un bon sidesologue explore plus de 60% de la base de données disponible sur la plateforme en trois à quatre ans et peut répondre jusqu’à 1800 questions par jour.

Devenir expert en sidesologie n’a qu’un seul but : réussir à répondre aux QCMs qui sont proposés chaque année pendant trois jours sur la plateforme supérieure du Centre Image result for centre national de gestion de Gestion (CNG). En effet, chaque année, le CNG classe l’ensemble des sidesologues à travers la France. Ce classement permet à chacun d’entre eux de choisir une des sous-spécialités médicales de SIDES et après quelques mois de vacances de soigner de vrais patients dans les services hospitaliers de toute la France.

Le parcours pour devenir sidesologue est très compétitif. Il nécessite de réussir le concours de première année de médecine et de valider son diplôme de formation initiale en sciences médicales. Il existe de nombreux organismes privées qui aident les sidesologues dans leur carrière. Heureusement des projets d’entraide comme le site www.randomedicale.com existent.