Loi santé : Fin des ECNis ce que prévoit la réforme

Cela fait longtemps que le bruit se répand dans les couloirs des facs de médecine telle une brise qui caresse le flanc des montagnes avant une tempête. Rêvée par certain, craint par d’autres :

La suppression des ECNis est confirmée.

Dès la rentrée 2021, il n’y aura plus d’épreuves classantes nationales informatisées à la fin de la sixième année de médecine.

Les étudiants qui commenceront leur randonnée d’externe en médecine à partir de la rentrée prochaine (2019) n’auront plus à faire face à ces trois jours d’épreuves. Finit le stress du concours, finit les journées entières à réviser. Terminée la masse absurde de connaissances des collèges à assimiler. Plus de concours, plus de classement : c’est officiel.

Attendez ! Plus de classement ? Les ECNis, malgré tous leurs défauts avaient un rôle central dans les études de médecine : le classement national des étudiants permettait une répartition des internes dans chaque spécialité et dans chaque ville de France. S’il n’y a plus de concours ni de classement, comment cette répartition sera assurée de manière équitable et cohérente ?

Un nouveau type de classement : le matching.

La répartition des internes ne se fera plus en fonction d’un classement unique national obtenu à la fin d’une seule épreuve. Il y aura par contre plusieurs classements : le rang des étudiants pour leur choix de ville et de spécialité sera le résultat d’une moyenne pondérée entre trois scores : un score de connaissance, un score de compétence et un score de projet professionnel. 

Chaque collège de spécialité sera libre de déterminer le poids de ces trois scores dans le classement du candidat. Au final, il y aura un classement par spécialités ou groupe de spécialités. 

I) Evaluation des connaissances

A la fin de la cinquième année, il y aura une épreuve nationale de connaissance. Elle sera vraisemblablement passée sur tablette sur la plateforme SIDES qui a fait la preuve de ses performances avec les ECN informatisés. Les collèges des enseignants de toutes les spécialités ont un rôle central dans la préparation de ces nouvelles épreuves car ils doivent éditer un référentiel de connaissances allégé et mis à jour pour la rentrée 2021.

La plus grande partie de l’épreuve portera sur les connaissances fondamentales (connaissance de rang A) : urgences vitales, pathologies communes, anatomie, physiologie, pharmacologie… Les nouvelles éditions des livres des collèges doivent se concentrer sur ces connaissances de rang A et les mettre en avant pour les étudiants. 

A cela s’ajoutera des questions sur des connaissances de spécialité « devant être maîtrisé par tout médecin » : (connaissance de rang B)
Les connaissances de spécialité (rang C) ne devraient pas faire l’objet de question. Les collèges des enseignants doivent retirer les parties des référentiels qui traitent de ces connaissances.  

Par ailleurs, la composition des épreuves sera vraisemblablement un peu différente de celle que l’on connaît. Il y aura des questions à réponses ouvertes courtes (QROC) et des tests de concordance de script en plus des dossiers progressifs en QCM et des questions isolées.

Les tests de concordance de script (TCS) sont un mode d’évaluation complexe car ils évaluent le raissonnement clinique du candidat. Ils ont montré leur efficacité dans l’évaluation des médecins au Canada. Dans un TCS, on propose une situation clinique à un étudiant. Ensuite, deux types de question peuvent être posés : 

  • question sur la pertinence d’un examen complémentaire dans la prise en charge du patient. Il faut alors déterminer si l’examen est indispensable / utile / ni utile, ni inutile / inutile voir dangereux / contre indiquée.
  • question sur l’influence du résultat d’un examen complémentaire sur la prise en charge d’un patient. Il faut déterminer si le résultat de l’examen qui est présenté confirme / exclu / n’apporte pas d’information sur le diagnostic suspecté. 

Souvent, il n’y a pas de réponse tranchée à 100% (Oui/non). La grille de correction est donc réalisée par un panel d’experts qui donnent leurs avis sur la question posée. La majorité des points est attribuée à l’étudiant s’il choisit comme la majorité des experts. Si l’étudiant choisi une autre réponse que celle de la majorité, les points lui sont attribués selon le nombre d’experts qui ont choisi la même réponse que lui. Cette méthode a l’avantage d’introduire des questions plus en phase avec la réalité de la pratique clinique et l’inconvénient de créer une grille de correction un peu ambigue.

II) Evaluation des compétences et du projet professionnel 

Les modalités d’évaluation des compétences cliniques et des projets professionnels des étudiants fait toujours l’objet de débat et doit être déterminé très prochainement par le conseil d’état. Les premiers débats entendus à l’assemblée permettent de se faire une idée de leurs modalités. 

interne en 2021Il semblerait que l’évaluation des compétences prendra la forme d’un oral. Les étudiants se présenteraient à une série « d’ateliers cliniques ECOS » où une situation clinique leur serait présentée par un examinateur ou un patient-acteur. Le raisonnement clinique de l’étudiant et sa capacité de prendre en charge le patient serait alors évalué. Le plus grand frein à l’introduction de ce mode d’évaluation est le risque d’introduire une trop grande part de subjectivité dans l’évaluation des étudiants. Les experts à l’origine de la réforme expliquent vouloir palier cette problématique en multipliant les « ateliers cliniques » car des rapports issus de pays où ce mode d’évaluation est mise en place mettent en avant le fait que la multiplication des « ateliers cliniques » diminuent fortement la subjectivité de l’évaluation. Il a été donc proposé lors des débats d’imposer un minimum de 10 ateliers cliniques différents par évaluation. Cette nouvelle épreuve aura pour acronyme ECOS : examens cliniques objectifs structurés. 

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Quant au projet professionnel, il semble que le score sera établi à partir des notes de stage et que dans certains cas, le jury attribuera des « points bonus » pour les étudiants qui se sont investis dans des projets pendant leur formation. (double cursus médecine-sciences, options supplémentaires, projet humanitaire).

Ainsi, les premiers rapports du conseil d’état permettent de se donner une idée de la randonnée que les futurs externes devront faire vers leur poste d’interne. Nous surveillons de près les différents textes de lois qui sortent en ce moment de l’hémicycle de l’assemblée et nous nous engageons à vous tenir au courant dès que la feuille de route se précise… Quoi qu’il arrive nous vous accompagnerons toujours avec nos conseils vers le seul objectif pertinent pour vous : un poste dans la spécialité et la ville de votre choix, sans concession. 

Courage et persévérance.

 

Rando-médicale. 

Source : 

Legi france : https://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do?idDocument=JORFDOLE000038124322&type=general&typeLoi=proj&legislature=15 

Anemf : https://www.anemf.org/blog/2019/01/13/reforme-du-deuxieme-cycle-cest-parti-2/?fbclid=IwAR2YUqGkS–po#8230 

rapport 2ème cycle : https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjXvbzEt5rhAhVDDGMBHeR4AAkQFjAAegQIARAC&url=https%3A%2F%2Fasemdpv.eu%2Fwp-content%2Fuploads%2F2018%2F05%2FRapport2emeCycle2018.pdf&usg=AOvVaw0iNFb5zuticgaYF86FqEzO

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