Comment dormir plus permet de mémoriser plus ?

Entre Scylla le monstre aux 6 têtes et les tourbillons de Charybdis

L’horloge de mon bureau marque 23h00. Aujourd’hui, je n’ai pas fini mon programme. Un coup d’œil sur la liste des chapitres que je devais réviser me donne la nausée : je n’ai même pas respecté la moitié de mes objectifs du jour. Dois-je lutter contre le sommeil ? Ou au contraire, dois-je plonger sous mes couvertures et profiter pleinement de ma nuit ? Ne vais-je pas perdre du temps ? Ne serait-ce pas plus raisonnable de sacrifier quelques heures de sommeil pour rattraper mon retard ?

Ces questions, on se les pose tous : pendant les révisions, à l’approche des partiels, la semaine avant les épreuves de l’internat… La réponse la plus « sensée » lorsque le retard s’accumule est de reporter l’heure douce où l’on rejoint son matelas pour travailler plus. Cela apaise son stress et « déculpabilise”. Pourtant, j’ai décidé de faire confiance à plusieurs études scientifiques sur le sommeil et la mémoire et de toujours privilégier un sommeil régulier et assez long par rapport à une ou deux heures de plus de travail.

En effet, il est très bien démontré que le sommeil a un rôle fondamental pour la mémoire. Afin qu’une longue journée de travail soit efficace il faut une bonne nuit de sommeil.

Regardons ensemble une des figures d’un article paru en 2004 dans la revue Neuron :

L’expérience consiste à apprendre aux participants à reconnaître une série d’images. Il y a deux groupes de sujets (rouge et vert sur la figure).On test les sujets immédiatement après l’apprentissage des images, puis après 10 heures. Le groupe rouge dort avant d’être de nouveau testé alors que le groupe vert non. On observe ainsi une différence significative entre les deux groupes. Alors que les résultats des sujets testés étaient identiques lors du premier test, on découvre que les sujets qui ont dormi ont une amélioration de leurs performances significativement meilleurs que ceux qui sont restés réveillés.

Ces résultats ont été confirmé par une série d’autres études. Des chercheurs ont même essayé de trouver quelle phase du sommeil était responsable de cette amélioration en répétant l’expérience et en privant les dormeurs d’une certaine phase de leur sommeil. Ils ont alors mis en évidence que c’était la phase la plus profonde du sommeil (Le sommeil lent profond) qui jouait un rôle dans l’amélioration de la mémoire. Or, cette phase est prédominante dans la première partie de la nuit (souvenez-vous la figure de l’item 108) :

Alors n’hésitez plus profitez de votre nuit sans culpabiliser : vous retiendrez d’autant mieux ce que vous apprenez !

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Source : Walker MP, Stickgold R. Sleep-dependent learning and memory consolidation. Neuron. 2004 Sep 30;44(1):121–33. Review. PubMed PMID: 15450165.

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